L'humilité comme mot d'ordre

Laurie Haslé

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« Nous ne sommes pas ici pour juger mais pour aimer les films »

. Le ton est donné. Isabelle Huppert, présidente du jury cannois cette année, a présenté hier à la presse ses critères de choix des futurs prix. Elle n'adoptera pas la même philosophie que son prédécesseur, Sean Penn, qui privilégiait « la prise de conscience des réalités du monde ».

Adieu les enjeux humanitaires et politiques en première ligne, cette édition 2009 se place sous le signe de l'ouverture d'esprit et des idées : « Je veillerai à être au plus près de quelque chose entre l'émotion et la réflexion », souligne l'« Huppert présidente » française, qui revêt pour la seconde fois la fonction de juré du festival depuis 1984. Pas de panique pour les perfectionnistes de la caméra, les qualités artistiques seront aussi prises en compte dans l'évaluation des jurés. D'ailleurs, la présidente a repris les paroles de son collègue et cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan : « il ne faut pas seulement laisser parler son coeur dans l'appréciation d'un film. » Pour estimer à leur juste valeur l'ensemble des oeuvres présentées, l'actrice souligne l'obligation de « rester humble ». Et l'interprète tient parole, à grande échelle : elle ne veut plus qu'on la nomme « Madame la Présidente du jury », mais « Isabelle ». Simplement. W