président, oui, diplomate aussi

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Gilles Jacob, président du festival.
Gilles Jacob, président du festival. — BALTEL / SIPA

Dans

La Vie passera comme un rêve,

paru chez Robert Laffont,

Gilles Jacob, le président du Festival de Cannes, revient sur les grands moments d'une manifestation dont il tire les ficelles depuis 1977. Il faut avoir l'âme chevillée au corps et déployer des trésors de diplomatie pour organiser un événement de cette ampleur. Ainsi il fut contraint de :

G

céder à tous les caprices

de Francis Ford Coppola (avion privé, yacht, suite) pour que le réalisateur accepte de venir présenter Apocalypse Now (1979).

G

cadenasser lui-même la cabine

de projection pendant que Stalker, d'Andrei Tarkovski, était montré aux festivaliers pour empêcher les représentants des autorités soviétiques de s'emparer de la copie avant la fin du film (1980).

G

composer

avec Robert Bresson, qui ne souhaitait pas qu'un court métrage passe avant L'Argent, mais finit par accepter si un grand intervalle était laissé entre les deux films (1983).

G

être humilié

par Alain Delon, furieux du fait que personne ne soit venu l'attendre à l'aéroport. Magnanime, l'acteur reviendra comme invité d'honneur pour le 50e anniversaire du festival en arborant un pin's marqué « star » (1990).

G

user de patience

pour convaincre Nastassja Kinski de remettre la Palme d'or à Barton Fink, des frères Coen. En coulisses, l'actrice n'en démordait pas : la récompense suprême devait revenir à Spike Lee pour Jungle Fever (1991).

G

répondre aux exigences

d'Isabelle Adjani, qui s'était renseignée sur celles et ceux qui l'avaient précédée à la présidence du jury. Objectif : demander la même chose... en mieux ! Et imposer à ses jurés son propre régime alimentaire, à base de protéines, de radis et de poivrons (1997). W

C. V.