Jean Dujardin: «Hubert, un crétin misogyne et raciste»

INTERVIEW L'acteur retrouve son rôle d'espion gaffeur dans «OSS 117: Rio ne répond plus». Il a répondu aux questions de «20 Minutes»...

Recueilli par Caroline Vié

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Jean Dujardin.
Jean Dujardin. — LORENVU/SIPA

Hubert Bonisseur de La Bath a-t-il changé depuis le précédent film?
C'est surtout le monde qui a évolué autour de lui. L'action se déroule douze ans après «Le Caire, nid d'espions». Notre héros est tout étonné de voir que les femmes ont pris des responsabilités et qu'elles ne se laissent plus traiter comme quantité négligeable. Il n'est pas au bout de ses surprises...

Vous n'avez jamais eu peur d'aller trop loin dans l'humour vachard?
Non. Nous croyons le spectateur assez intelligent pour comprendre qu'on ne cautionne pas les propos d'Hubert! C'est lui qui passe pour un crétin misogyne et raciste, totalement ridicule.

Vous le ferez souffrir encore davantage dans le troisième volet?
Nous n'en sommes pas là! Il serait outrecuidant de parler d'un nouvel opus alors que celui-ci n'est pas encore sorti. Si cela devait se faire, il faudrait encore trouver un moyen de se moquer du personnage sans l'abîmer démesurément. Il ne faudrait pas qu'il perde la sympathie du public.

Le succès du film n'est-il pas assuré?
Rien n'est jamais certain, même s'il est vrai que les comédies cartonnent. Les gens sont tellement désespérés qu'ils ont besoin de se vider la tête. Et le cinéma reste abordable pour cela.

Estimez-vous que les comédies sont méprisées par la profession?
Peu importe ce que les gens du métier pensent: la comédie triomphera toujours. C'est une tradition française, celle des De Broca et des Lautner. Mais je ne suis pas partisan d'un césar de la comédie. Je préférerais un césar du public.

Pourquoi? Parce que le public vous adore?
Je m'en rends surtout compte lors de mes déplacements! Le reste du temps, je mène une vie d'acteur au travail et de père de famille. Le fait d'être adulé quand j'arrive au Festival de Beaune ne m'empêche pas de vider le lave-vaisselle à la maison!

GAFFES ET CASCADES Il en prend pour son matricule le pauvre OSS 117 dans ce nouveau film tordant. Le réalisateur Michel Hazanavicius l’envoie au Brésil pour y traquer d’anciens nazis, dans un festival de gaffes et de cascades. Jean Dujardin est irrésistible dans ce rôle sur mesure d’imbécile sentencieux. Ses répliques fleurent bon le politiquement incorrect et une mise en scène dynamique et parodique transporte le spectateur dans les années 1960. Les fans du premier volet ne seront pas déçus.

La bande-annonce