Ponyo, un poisson pas né d'hier

CINEMA «Ponyo sur la falaise», le nouveau film du Japonais Miyazaki, inspiré de la mythologie nordique...

Caroline Vié et Stéphane Leblanc

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Image du film "Ponyo sur la falaise"
Image du film "Ponyo sur la falaise" — Walt Disney Studios Motion Pictures France

Fidèle à l'animation classique entièrement dessinée à la main, le réalisateur de Mon voisin Totoro n'en finit pas d'émerveiller. Ponyo sur la falaise, son nouveau film, raconte une histoire d'amitié qui devient un véritable amour entre un petit garçon de 5 ans et une fillette poisson rêvant de devenir humaine. Pour ce faire, il s'inspire avec une élégance folle du conte d'Andersen La Petite Sirène et de l'opéra wagnérien Le Crépuscule des dieux. Ponyo, l'héroïne, s'appelle en réalité Brunhilde, comme l'ex-walkyrie de la mythologie nordique.

Ses parents sont des divinités de l'océan, et Ponyo devra accepter de perdre ses pouvoirs magiques pour rejoindre sur la terre ferme le petit garçon qu'elle aime... Tout cela est raconté avec une simplicité et une évidence propre à séduire les plus jeunes enfants. Ce qui n'empêche pas Hayao Miyazaki d'aborder la question philosophique de la liberté face au destin, ou écologique de l'équilibre entre activité humaine et forces de la nature. « Miyazaki a trouvé une forme de paix intérieure avec ce film, explique son producteur Toshio Suzuki. Il a atteint la maturité de son art. »

Il faut voir les vagues prendre vie dans une symphonie de bleus emportant le spectateur dans une féerie d'images éblouissantes. La musique signée Joe Hisaishi complète le processus d'immersion dans une histoire placée sous le signe de l'eau. Mais la grande réussite du film tient à Ponyo, adorable petite sirène résolue dans son désir d'indépendance. Avec ses grands yeux noirs, ses petits caprices et son immense courage, elle rejoint Kiki, Chihiro et Princesse Mononoke dans le panthéon des héroïnes inoubliables des studios Ghibli.