« Je ne suis plus un fantasme comme avant »

Recueilli par Caroline Vié

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Avez-vous attrapé une migraine en lisant le scénario de Duplicity ?

Je n'irai pas jusque-là, mais c'est vrai que ce script est très complexe et que j'ai dû le lire une seconde fois pour en apprécier toutes les subtilités. Il est rare de tomber sur des histoires aussi riches et aussi bien dialoguées. Ce ­thriller joue constamment avec ses personnages et le spectateur. C'est stimulant pour une actrice !

Et tourner avec Clive Owen ?

Nous nous sommes rencontrés sur le tournage de Closer-Entre adultes consentants, de Mike Nichols. Le fait d'être amis nous a beaucoup simplifié la tâche et cela d'autant plus que les rapports entre les héros de Duplicity sont complexes. Savoir que nous étions sur la même longueur d'onde avant de jouer a certainement amélioré nos performances.

Le réalisateur Tony Gilroy vous avait été recommandé par George Clooney ?

C'est vrai que George ne tarissait pas d'éloges sur Tony lorsqu'il tournait Michael Clayton. Je l'ai appelé pour qu'il m'en dise davantage et son enthousiasme m'a convaincue d'accepter ce projet. Les acteurs sont vulnérables et, bien que je ne sois pas de nature inquiète, j'ai souvent besoin de me confier. Avoir des copains qui font le même métier que vous permet de se repasser les bons plans et de se mettre mutuellement en garde contre les mauvais.

Auprès de qui cherchez-vous conseil ?

Tous mes amis me conseillent utilement, mais je m'appuie surtout sur mon mari, dont l'avis compte beaucoup pour moi.

Un sexe-symbol qui parle de son mari, ce n'est pas courant...

Je suis une maman de trois enfants et une comédienne. La presse a une façon de me considérer que j'ai du mal à accepter. Pretty Woman date de vingt ans. J'ai mûri, que ce soit en tant qu'actrice ou en tant que personne. Je ne suis plus un fantasme comme avant. ■