« Ma vie ne se résume pas à être pomponnée »

Recueilli par Caroline Vié

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Comment travaillez-vous avec André Téchiné ?

André et moi sommes amis et nous nous voyons en dehors des tournages, mais tout se met en place assez naturellement sur le plateau. On a une espèce d'accord tacite qui fait que le film prend le dessus sur notre relation amicale.

Il vous pousse à vous surpasser ?

Constamment. André aime que les acteurs aillent plus loin. On sent toujours son regard sur nous. Sa caméra est très mobile, et on ne sait jamais comment la scène va être filmée. Sa mise en scène est à la fois calme et dynamique, d'une extrême fluidité.

Connaissiez-vous l'histoire de cette jeune femme qui a prétendu avoir été agressée dans un RER ?

Comme tous les Français ! Ce qui est fascinant, c'est de voir comment cette affaire a été montée en épingle, jusqu'à atteindre les sommets du pouvoir, avant de retomber en quelques jours. Cela en dit long sur la façon dont les médias s'emparent de sujets qui fascinent tout le monde. J'apprécie qu'André aborde ce sujet dans La Fille du RER. Son film ne s'attache pas qu'à l'aspect humain, il offre aussi une dimension sociale.

Vous estimez avoir à vous plaindre des médias ?

Je n'ai déjà pas le temps de lire ce qui m'intéresse sur le monde et la vie ! Je ne me passionne donc pas pour ce qu'on écrit sur moi. Mais je trouve insensé que des gens qui ne me connaissent pas puissent créer des sites me concernant sans même me demander mon avis !

Voilà ce que c'est que d'être considérée comme une icône !

Une icône ? Si le public me voyait les mains dans la terre en train de faire mon jardin, il changerait d'avis ! Il n'y a que les gens qui ne me fréquentent pas qui imaginent que je suis toujours pomponnée dans des robes de couturier. C'est effectivement une partie de mon existence, mais ma vie ne se résume pas à ça. ■