Les dieux n’existent plus, la preuve par «Troie»

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Où sont passés les dieux ? Troie et sa guerre épique se réduit ici à une affaire de courage, d’honneur, voire... d’amour. Et c’est tout. Hier à Cannes, les acteurs du film ont clamé leur intérêt pour cette histoire « résolument contemporaine ». Un homme, appelons-le « Agamemnon », dresse une armée pour venger son frère Ménélas, qui vient de se faire piquer sa jeune épouse, la fameuse Hélène, par ce sale garnement de Pâris. Homère avait pris soin d’introduire des rivalités entre divinités grecques pour apporter une dimension tragique à son récit. Hollywood a cru bon s’en passer. « Je voulais que ce film soit le plus réaliste possible, introduire les dieux aurait été ridicule », clame Wolfgang Petersen. Le jeune public, auquel Troie s’adresse, aurait pourtant compris pourquoi Achille était fragile du talon... Car c’est le personnage que le réalisateur a choisi de privilégier : on n’a pas tous les jours un Brad Pitt sous la main pour incarner un beau guerrier rebelle à toute autorité... et amoureux d’une jolie Troyenne. L’amour aussi est indémodable ! Le reste – la mise en scène, le jeu des acteurs – est plus conventionnel et dépasse rarement l’idée qu’on peut se faire du film sans l’avoir vu. On se demande juste pourquoi les scènes de combat, plutôt bien menées au demeurant, se retrouvent perpétuellement appuyées par une musique épaisse, alternant orchestration de parc d’attractions et mélopées de voix bulgares. Pour faire plus authentique ? Stéphane Leblanc