La belle épopée des assassins d'Hitler

CINEMA Walkyrie, thriller passionnant signé Bryan Singer, revient avec minutie sur les détails d'un complot...

Caroline Vié

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Le 20 juillet 1944, le colonel von Stauffenberg et une poignée de conspirateurs dévoués ont tenté d'assassiner Adolf Hitler. Walkyrie, thriller passionnant signé Bryan Singer, revient avec minutie sur les détails d'un complot qui aurait pu modifier le cours de l'histoire.

«Le défi consistait à passionner le spectateur pour des péripéties dont il connaît l'issue, explique le réalisateur de X-Men et Usual Suspects. C'est pour cela que je me suis attaché à répondre à cette question: comment une machination aussi bien organisée a-t-elle pu se solder par un échec?» C'est grâce à cette interrogation que le cinéaste ferre son public et le maintient accroché à son siège pendant toute la durée de la projection.

Une séquence spectaculaire, où le héros - interprété par un Tom Cruise martial - est grièvement blessé en Afrique, ouvre brillamment les hostilités. Mais les scènes les plus intimistes, comme un ballet de mallettes identiques dont l'une contient une bombe, sont celles qui restent en mémoire. «Nous avons essayé de coller au plus près de la réalité historique, plus forte que tout ce que nous aurions pu inventer», insiste Singer.

Le cinéaste rend aussi hommage à une résistance méconnue, à des hommes et des femmes qui se sont sacrifiés pour leurs pays. «On oublie que tous les Allemands n'étaient pas des nazis. Certains se sont vraiment révoltés contre la barbarie, souligne le réalisateur. Il me semblait important de les faire revivre, ne serait-ce que pour montrer qu'il était possible de dire non.»



Après bien des pourparlers, le gouvernement allemand s'étant ému de l'appartenance de Tom Cruise à l'Eglise de scientologie, Bryan Singer a eu l'autorisation de tourner sur place. Kenneth Branagh, Terence Stamp et Bill Nighy, impeccables, complètent la distribution homogène d'un divertissement jubilatoire qui fait rimer ludique avec pédagogique.