Cannes: Isabelle Huppert présidera le 62e festival

CINEMA Elle succède Sean Penn à la présidence du jury et fait partie des rares femmes à remplir ce rôle de prestige...

MD avec agence

— 

Impossible de ne pas reconnaître la juge Eva Joly dans le personnage de Jeanne Charmant Killman (Isabelle Huppert), chargée de démêler une complexe affaire de concussion et de détournements de fonds mettant en cause le président d'un important groupe industriel, joué par un François Berléand ressemblant à s'y méprendre à l'ex-PDG d'Elf Loïck Le Floch-Prigent.
Impossible de ne pas reconnaître la juge Eva Joly dans le personnage de Jeanne Charmant Killman (Isabelle Huppert), chargée de démêler une complexe affaire de concussion et de détournements de fonds mettant en cause le président d'un important groupe industriel, joué par un François Berléand ressemblant à s'y méprendre à l'ex-PDG d'Elf Loïck Le Floch-Prigent. — Johannes Eisele AFP/DDP

2009 sera-t-elle l'année Isabelle Huppert? Après avoir été sacrée officier de la Légion d'honneur, le 1er janvier, la «femme aux multiples visages», Isabelle Huppert a été désignée pour présider le 62e jury du festival de Cannes. Formée au théâtre, popularisée par les films de Claude Chabrol où sa sensualité ambiguë et son énigmatique visage de rouquine font merveille, Isabelle Huppert est une actrice-caméléon et anti-star. Elle a démarré au début des années 1970 une carrière cinématographique qui compte plus de 80 films.

«Je suis très heureuse et très fière. Cannes et moi, c’est une longue histoire et ce prochain rendez-vous scelle définitivement mon amour pour le festival, et donc pour le cinéma mondial», affirme l'actrice âgée de 55 ans, citée dans le communiqué. «Cannes, c’est la porte ouverte à toutes les nouvelles idées du monde. En être une spectatrice privilégiée m’enthousiasme», dit celle qui entre dans le club très fermé (Liv Ullmann, Jeanne Moreau, Françoise Sagan...) des femmes présidentes d'un jury cannois.

Une brillante carrière

Jeune fille faussement sage dans «Les Valseuses» de Bertrand Blier en 1973, elle est remarquée dans «Le juge et l'assassin» de Bertrand Tavernier, où elle est Rose, la fiancée du manipulateur juge Rousseau, joué par Philippe Noiret. Ce rôle lui vaut le prix Suzanne-Bianchetti, puis elle démontre la force et la variété de son jeu avec «La Dentellière» de Claude Goretta, «Loulou» de Pialat, «Sauve qui peut la vie» de Godard et «Coup de torchon» de Tavernier.

Brillante et audacieuse, sa carrière est marquée par un César reçu en 1996 pour «La Cérémonie» de Chabrol, son réalisateur fétiche avec lequel elle a tourné sept films, dont le dernier, «L'ivresse du pouvoir», est sorti en 2006. Chabrol lui confie des rôles de femmes insoumises, ambiguës et parfois perverses dans «Une affaire de femmes» ou encore «Merci pour le chocolat».

Primée à Cannes

Au Festival de Cannes, dont elle est une habituée, elle a remporté deux prix d'interprétation: en 1978 pour «Violette Nozière» de Chabrol où elle est une énigmatique parricide, puis en 2001 avec «La Pianiste» de Michael Haneke, où elle campe un professeur de piano au glaçant sadisme.

Récompensée d'un Lion d'or pour sa carrière à la Mostra de Venise 2005, elle a été sollicitée par de grands réalisateurs étrangers, tels que Michael Cimino, Joseph Losey ou encore Marco Ferreri. Travailleuse acharnée, elle sera en 2009 à l'affiche d'«Un barrage contre le Pacifique» du Cambodgien Rithy Panh, adapté du roman de Marguerite Duras.