Un passé méconnu fouillé au corps

Au final, il y aura plus de quatre heures de film, en deux volets. Le premier d'entre eux, qui sort aujourd'hui, frappe un grand coup. Dès les premières images de L'Instinct de mort, le spectateur se retrouve en terrain connu, porte de Clignancourt, ...

C. V. - ©2008 20 minutes

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Au final, il y aura plus de quatre heures de film, en deux volets. Le premier d'entre eux, qui sort aujourd'hui, frappe un grand coup. Dès les premières images de L'Instinct de mort, le spectateur se retrouve en terrain connu, porte de Clignancourt, où le gangster fut abattu par la police en novembre 1979. Mais, très vite, Jean-François Richet replonge dans les années 1960 en quête d'un Jacques Mesrine inédit, celui qui a vécu l'horreur de la guerre d'Algérie, qui s'est initié au grand banditisme parisien, puis a tâté des prisons canadiennes.

Evoluant comme un poisson dans l'eau parmi une distribution de choix (Gérard Depardieu, Gilles Lellouche, Cécile de France), Vincent Cassel, qui a pris 20 kg pour le rôle, parvient à être tous ces Mesrine à la fois. Charmeur, brutal, chevaleresque ou cupide, l'acteur rend son personnage tour à tour attachant ou effrayant.

Entre western et polar, le film évoque ses années de formation dans un monde de violence. « Il n'y a pas de héros dans la criminalité, il n'y a que des marginaux qui n'acceptent pas les lois », disait Mesrine dans son testament enregistré. Odieux quand il brutalise sa femme, flamboyant quand il attaque un quartier de haute sécurité, Mesrine est juste un homme que ses contradictions rendent redoutable. Le réalisa­teur brosse un portrait en forme de puzzle en s'appuyant sur son interprète. Comme son modèle, Vincent Cassel bouffe ceux qui l'entourent, avec un charisme dévorant. Ce premier épisode réussit son pari en donnant envie d'en savoir davantage sur ce gangster pas comme les autres. Pour cela, il faudra attendre le 19 novembre et la sortie du second volet, L'Ennemi public n° 1.

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