Agnès Jaoui fait la pluie et le beau temps

Sakurako Uozumi - ©2008 20 minutes

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« La sollicitude. » C'est le mot que laisse échapper Agnès Jaoui quand son personnage de politicienne parachutée dans le Luberon prépare son discours électoral. C'est aussi ce qui manque à cette femme dans la vie : être attentive à ceux qui l'entourent. Parlez-moi de la pluie... à défaut du beau temps, pourrait-on ajouter. Moins jubilatoire que Le Goût des autres (2000), son chef-d'oeuvre, plus sage que Comme une image (2004), le troisième film d'Agnès Jaoui se place avec une certaine délicatesse sur le terrain de l'amertume et du désenchantement, qu'il soit professionnel ou privé.

Un reporter raté et son assistant débutant suivent la campagne de l'héroïne jusque dans l'intimité de son cercle familial. Evidemment, rien ne se passe comme prévu, le contraire aurait été étonnant. On regrette juste que l'actrice-réalisatrice ait parfois tendance à réduire ses personnages à des archétypes au coeur d'une intrigue sans grandes surprises. Au moins, il est facile de s'identifier sans difficulté à cette fine équipe de bras cassés. Et à rire des maladresses d'un Jean-Pierre Bacri, journaliste ringard secrètement amoureux de la soeur de l'héroïne, ou des remarques pertinentes de son assistant, Jamel Debbouze. Surtout lorsqu'il pointe l'arrogance des nantis face à l'injustice ou aux humiliations que subissent les petites gens au quotidien.