Un cauchemar à deux faces

CINEMA «La Vie devant ses yeux», de Vadim Perelman, c'est un peu la rencontre entre Night Shyamalan et Gus Van Sant...

Caroline Vié - ©2008 20 minutes

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La Vie devant ses yeux, de Vadim Perelman, c'est un peu la rencontre entre Night Shyamalan et Gus Van Sant. Cette chronique fait des allers-retours entre deux périodes de la vie d'une femme. Lycéenne, elle va être traumatisée par une fusillade sanglante. A l'âge adulte, devenue une mère de famille, elle est toujours habitée par cette tragédie rappelant le drame de Columbine.


La Vie Devant Ses Yeux
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Le réalisateur a trouvé un ton aux frontières du fantastique pour porter à l'écran le roman envoûtant du même nom écrit par Laura Kasischke. «Le film obéit à sa propre logique, explique-t-il. Il ne raconte pas une histoire linéaire avec ses causes et ses effets.»

 

Perelman a choisi un duo de comédiennes aux talents complémentaires pour camper l'héroïne à deux périodes de sa vie. Evan Rachel Wood apporte sa fraîcheur à la lycéenne ordinaire dont l'existence va basculer dans l'horreur. Uma Thurman campe avec subtilité cette fille devenue enseignante et maman, qu'une commémoration du drame renvoie vers un passé douloureux. «Ce n'est pas un film qui accuse la violence de notre époque, analyse l'actrice, mais une histoire sur la perte de l'innocence.»

Par petits traits sensibles, Vadim Perelman brosse le tableau d'un quotidien d'autant plus pesant que le spectateur est toujours en avance sur ses protagonistes. Et s'il joue avec le temps, c'est pour mieux prendre le public par surprise, avec un dénouement malin, claquant comme les coups de feu dans le décor glacial des toilettes d'un lycée.