«Versailles», l'ode à Guillaume Depardieu

CINEMA Il livre une performance exceptionnelle en SDF qui recueille un bambin abandonné...

Caroline Vié

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Guillaume Depardieu est bouleversant dans «Versailles», de Pierre Schoeller. Il livre une performance exceptionnelle en SDF qui recueille un bambin abandonné.

Le topo si vous avez raté le début
Nina vit dans la rue avec Enzo, son fils de cinq ans. Dans la forêt près du château de «Versailles», ils rencontrent Damien, un SDF qui vit dans une cabane. Nina disparaît en abandonnant Enzo que Damien prend en charge. L’homme et le petit garçon vont apprendre à s’aimer.

Les têtes à retenir
Guillaume Depardieu, convaincant comme jamais dans la peau d’un sans-abri aux cœur énorme, s’excluant volontairement de la société. Le petit Max Baissette de Malglaive, élève de CE1 à Paris, connaît ici sa première expérience à l’écran.

La réplique qui tue

- «Il a une mère ce petit ? »
- Moi.»
Dialogue entre Patrick Descamps et son fils Guillaume Depardieu quand il lui présente Enzo.

Backstage
C’est après avoir découvert que 900.000 personnes vivent dans des abris précaires en France que Pierre Schoeller a eu l’idée du scénario de «Versailles». Le réalisateur a rencontré des SDF qui ont élu domicile dans les bois entourant le château de Versailles. « Mon film s’ouvre sur un fait de société pour développer des questions plus larges comme la puissance du lien, l’ordre social et la loi, » préscise-t-il. Judith Henry, directrice de la photographie de «Lady Chatterley» de Pascale Ferran, a signé la lumière du film.

Le plus du film
Pierre Schoeller évite tout pathos pour décrire des exclus de la société. Le personnage campé par Guillaume Depardieu, solitaire qui s’ouvre par amour pour un enfant, touche immédiatement. La puissance de la performance de l’acteur surprend à chaque instant. Il porte sur ses épaules cette chronique généreuse abordant le problème de l’exclusion avec une grande justesse. Quant à la vie des SDF, elle est particulièrement bien rendue.

Le moins du film
Quelques légères baisses de rythmes sont à déplorer. L’ensemble souffre également de lourdeurs dans la description des rapports entre le héros et ses parents. Pourtant, ces très légers défauts sont vraiment peu de chose comparés à la force dégagée par le film.

La vidéo