Le retour en grâce des super-héros

Sandrine Cochard

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 «Dark Knight» de Christopher Nolan, le dernier batman, avec Christian Bale et Heath Ledger
 «Dark Knight» de Christopher Nolan, le dernier batman, avec Christian Bale et Heath Ledger — DR

Les super-héros prennent leur revanche. Longtemps perçu comme un cinéma de seconde zone avec des acteurs sur le retour, les longs-métrages adaptés des comics américains ont désormais gagné leurs lettres de noblesse et trustent le box-office. Comment est-on passé du navet à la popularité mondiale? Explications.

Un virage amorcé avec la saga des X-Men

Depuis les désastreux «Batman Forever», avec Val Kilmer, en 1995, puis «Batman et Robin», avec George Clooney, deux ans plus tard, les films adaptés des comics étaint frappés du sceau de l'ennui. En 2000, Bryan Singer dégaine le premier opus de la trilogie des mutants et ressuscite un genre qu'on avait préféré oublier. Les spectateurs se ruent dans les salles et le film engrange presque 300 millions de dollars de recettes (pour un budget de 75 millions). Un succès que connaîtra également le deuxième volet (plus de 400 millions de dollars au compteur). L'année suivante, en 2001, c'est un autre super-héros, «Spiderman», qui rencontre le succès au box-office.

>> Lire l'interview de Philippe Guedj, spécialiste des comics.

Un cinéma de qualité

Pour assurer un film de qualité, les studios font confiance à des réalisateurs chevronnés. Ainsi Bryan Singer, Sam Raimi («Spiderman» 1 et 2) et Christopher Nolan («The Dark Knight») se sont illustrés bien avant de se frotter aux comics. Le premier a signé le film «Usual Suspects», le deuxième la saga «Evil Dead» et le troisième, le film «Memento».

Même tactique avec les têtes d'affiche. Les deux acteurs principaux de «L'incroyable Hulk» sont Edward Norton, habitué aux films engagés («American History X») et d'auteur («La 25e heure», de Spike Lee ; «Fight Club», de David Fincher), et Tim Roth («Reservoir Dogs» et «Pulp Fiction», de Quentin Tarentino ; «Bread and roses», de Ken Loach ; «L'homme sans âge», de Coppola). Jouer en costume dans un film de comics n'est plus tabou, c'est même un gage de reconnaissance.

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Un scénario mieux maîtrisé

Le film de comic n'est plus une accumulation de scènes d'action et d'effets spéciaux, péniblement reliés par une histoire creuse, mais un scénario basé sur les histoires personnelles de ses héros. Dans «Spiderman», Sam Raimi développera ainsi davantage les tracas d'un ado mal dans sa peau qui peine à déclarer sa flamme à celle qu'il aime, que les scènes de castagnes.

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Et pour ne pas décevoir les fans, les studios veillent à respecter l'oeuvre d'origine en faisant directement appel aux auteurs de comics. C'est le cas de Frank Miller (auteur de «The Dark Knight» et «Sin City») qui a coréalisé et coécrit «Sin City», sorti en 2005.

Des héros plus humains

Les héros des films actuels n'ont plus rien à voir avec ceux des années 1950. Plus humains, ils permettent aux scénarios de sortir des sentiers battus et d'explorer des failles jusqu'alors inexploitées, prenant parfois leurs distances avec l'histoire originelle, comme dans «Iron man». A ce titre, les méchants tirent également leur épingle du jeu, éclipsant parfois la figure du héros, comme c'est le cas avec le Joker dans «The Dark Knight». Plus inspiré et mieux ficelé, le film de super-héros est un genre avec lequel il va falloir composer pendant plusieurs années.