La vie de Françoise sans gants

CINEMA La Môme a fait vibrer les foules et décroché les plus prestigieuses récompenses. Sagan recueillera-t-il les mêmes lauriers ?

Caroline Vié

— 

La Môme a fait vibrer les foules et décroché les plus prestigieuses récompenses. Sagan recueillera-t-il les mêmes lauriers? Sylvie Testud, méconnaissable dans le rôle-titre de ce «biopic» comme disent les Américains, mériterait de rafler tous les prix, tant elle a su retrouver la gestuelle et le phrasé de la romancière. C'est Sagan - toute jeune à la sortie de Bonjour tristesse en 1954, pétillante à l'heure de sa gloire ou diminuée à la veille de sa mort en 2004 - que l'on voit, jamais l'actrice qui l'interprète. Si le film n'a pas encore été acheté pour les Etats-Unis, Cannes a fait vibrer la Croisette d'un buzz très favorable autant dirigé vers la personnalité volcanique de l'écrivain que vers le film lui-même.



Sagan - Le film de la semaine
envoyé par mk2

Avec talent, la réalisatrice Diane Kurys a pris garde de ne pas angéliser son sujet en montrant Sagan comme un auteur inspiré et libre, mais aussi comme un être capricieux et tyrannique. Les reconstitutions minutieuses des décors visités par Sagan, notamment le Saint-Germain-des-Prés littéraire des années 1950, sont autant d'atouts pour l'exportation de ce long métrage sur une figure française haute en couleur. Il n'en reste pas moins évident qu'une chanteuse au répertoire connu dans le monde entier, comme Edith Piaf, demeure un personnage plus porteur qu'un écrivain, aussi excentrique soit-il. Sagan n'ira peut-être pas jusqu'aux Oscars dans sa Jaguar emblématique, mais ce film respectueux aura perpétué la légende d'une grande bonne femme inoubliable.