«Il Divo», vampire ou marionnette

CRITIQUE Un portrait au vitriol de Giulio Andreotti, figure emblématique du gouvernement italien...

Caroline Vié

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Plonger dans le monde sans pitié de la politique à l’italienne, c’est ce que propose Paolo Sorrentino dans Il Divo, projeté jeudi soir. Le réalisateur napolitain, déjà présent deux fois  en compétition avec Les conséquences de l’amour et L’ami de la famille, brosse le portrait au vitriol de Giulio Andreotti, figure emblématique du gouvernement dont les décisions ont influencé le pays pendant cinquante années.

Cet homme retors aux allures de mannequin de cire a manipulé, comploté, régné avec un plaisir malsain jusqu’au jour où la mafia lui a déclaré la guerre. Par delà la description d’un homme de pouvoir, le cinéaste décrit une société en proie à la violence et à la corruption.

Ses mouvements de caméra virtuoses donnent un peu le tournis et le spectateur peu familier de la politique italienne se perd dans une liste de personnages trop nombreux pour qu’on puisse les saisir au vol. Ce fouillis en forme de jeu de massacre témoigne du désordre intérieur d’un pays en crise.

Dans le rôle-titre, Toni Servillo semble un bon challenger pour le Prix d’interprétation. Entre vampire et marionnette, il impressionne durablement. La mise en scène écrasante de talent a aussi toutes ses chances au palmarès. A moins que le jury finisse par la trouver poseuse.