Agatha Christie pour alibi

CINEMA Les cinéastes français adorent Agatha Christie, mais il semble que cette affection mène à une impasse...

Caroline Vié

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«Le grand alibi» de Pascal Bonitzer.
«Le grand alibi» de Pascal Bonitzer. — DR

Les cinéastes français adorent Agatha Christie, mais il semble que cette affection mène à une impasse. Pascal Bonitzer en fait l'expérience dans Le Grand Alibi, libre adaptation du Vallon qu'il a transposé à notre époque. Lambert Wilson, coureur de jupons invétéré y est assassiné au cours d'une partie de campagne. Sa femme archi-trompée serait la coupable parfaite, mais l'arme que l'on a retrouvée dans sa main n'est finalement pas celle du crime. S'ensuit une enquête tarabiscotée dont tous les protagonistes semblent souffrir d'excentricité chronique ou d'hystérie congénitale. Comprendre que les comédiens (Miou-Miou, Pierre Arditi, Valeria Bruni Tedeschi) en font des tonnes, un défaut dont souffraient déjà sévèrement L'Heure zéro et (à un degré moindre) Mon petit doigt m'a dit, de Pascal Thomas. C'est un peu comme si les réalisateurs estimaient que « Britannique » était synonyme de « foufou ». La romancière rendait les crimes d'autant plus atroces qu'ils se déroulaient dans une atmosphère feutrée. Et elle savait faire passer des péripéties rocambolesques, voire carrément invraisemblables, à grand renfort de tasses de thé et de broderies anglaises. Au charme suranné des petits meurtres britanniques, Pascal Bonitzer a préféré un univers parisien à mi-chemin entre « Au théâtre ce soir » et « Faites entrer l'accusé ». Si au moins on ressortait du film avec l'envie de relire les livres de la grande dame anglaise...


 



Le Grand alibi
envoyé par gotti57