VIDEO. «L’Ile aux chiens»: Wes Anderson marque une fois de plus son territoire

ANIMATION L’univers singulier du réalisateur de «The Grand Budapest Hotel» et de «Fantastic Mr. Fox» est une nouvelle fois reconnaissable entre mille dans «L’Ile aux chiens»…

Caroline Vié

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L'île aux chiens de Wes Anderson
L'île aux chiens de Wes Anderson — 20th Century Fox
  • Wes Anderson transporte le spectateur dans une île où sont exilés tous les chiens.
  • Le réalisateur a reçu l’Ours d’argent à Berlin pour la mise en scène de ce film d'animation.
  • Cette fable magnifique évoque le problème des migrants de façon originale, poétique et ludique.

Que c’est beau ! Telle est la première réaction qui vient à l’esprit quand on découvre L’Ile aux chiens de Wes Anderson, récompensé par l’Ours d’argent à Berlin ! Le spectateur se sent immédiatement en terrain connu en compagnie d’un gamin résolu à sauver son compagnon à quatre pattes qu’un politicien veut faire disparaître en même temps que les autres toutous de la ville.

« Certaines histoires sont plus compréhensibles et attrayantes vues par le prisme ludique de marionnettes que par celui de prises de vues réelles », explique l’acteur Bryan Cranston. C’est, en effet, des migrants que parle le réalisateur de The Grand Budapest Hotel et Moonrise Kingdom, en montrant comment sont parqués les chiens indésirables avant d’être éradiqués. Même en cinéma d’animation, on reconnaît l’imagerie du réalisateur qui s’était déjà essayé à cette forme d’expression en 2009 pour Fantastic Mr. Fox.

C’est de bon goût (beaucoup)

L’attention que porte Wes Anderson au moindre détail est évidente dans tous ses films mais plus encore en animation, où il peut tout contrôler. Le choix méticuleux de la stop motion et de ses marionnettes, déjà à l’honneur dans Fantastic Mr. Fox, donne un aspect chaleureux à l’univers d’un cinéaste esthète jusqu’au bout des griffes.

C’est intelligent (très)

La façon dont Wes Anderson et ses scénaristes complices évitent toute caricature pour évoquer le Japon, comme ils l’avaient fait pour l’Inde dans A bord du Darjeeling Limited. L’intelligence et le respect avec lesquels il décrit ces cultures sont en tous points remarquables. Et on mangerait bien des ramen (nouilles japonaises) comme le font les personnages.

C’est sophistiqué mais drôle (et réciproquement)

Wes Anderson évoque toujours des sujets graves sur un ton décalé. Les conversations entre les canidés menacés d’extinction sont des merveilles d’humour absurde servies par des acteurs au top. On pense aux échanges à fleurets mouchetés dans la famille de La Vie aquatique en entendant les toutous papoter.

C’est du Wes Anderson (un point c’est tout)

De bon goût, intelligent, émouvant, sophistiqué et drôle : L’Ile aux chiens, conte sublime et familial, trouve parfaitement sa place dans une filmographie aux couleurs souvent automnales, voire glaciales pour souligner la dureté du monde. Qu’on aime ou pas les chiens, le cinéaste fait prendre fait et cause pour les siens, si lointains et pourtant si proches des humains.

#IsleOfDogs #Berlinale family portrait 🙌

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