VIDEO. «Dans la brume»: Le cinéma de genre français sort enfin du brouillard

SCIENCE-FICTION Porté par Romain Duris, « Dans la brume » renoue avec la longue tradition du cinéma de genre français, qui retrouve des couleurs depuis un certain temps…

Caroline Vié

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Olga Kurylenko dans « Dans la brume » de Daniel Roby
Olga Kurylenko dans « Dans la brume » de Daniel Roby — Mars Films
  • Une famille tente de survivre dans un Paris envahi par un étrange brouillard.
  • « Dans la brume » renoue avec la longue tradition du cinéma de genre français, de nouveau en vogue après le succès de « Grave » l’an dernier.
  • Pour le propriétaire de la boutique spécialisée Metaluna Store, cette éclaircie n’est pas encore une victoire pour autant.

Ghostland de Pascal Laugier, La nuit a dévoré le monde de Dominique Rocher et maintenant Dans la brume de Daniel Roby : il semblerait que le cinéma de genre français ait rarement eu autant de représentants à l’affiche.

Ce dernier film, fable de science-fiction menée par Romain Duris et Olga Kurylenko, confronte une famille à d’étranges épreuves dans un Paris envahi par le brouillard. On pense à The Mist d’après Stephen King, mais cette histoire s’inscrit dans une tradition française riche en œuvres appartenant à l’horreur, au fantastique ou à la science-fiction.

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Grands anciens et petits nouveaux

« Cela ne date pas d’hier puisque les Français – de Méliès à Franju – ont été les premiers à faire du fantastique », explique Bruno Terrier, propriétaire de Metaluna store, boutique spécialisée dans le cinéma de genre et les raretés DVD. Des auteurs comme Jean Rollin (qui mêlait joyeusement horreur et érotisme), Alexandre Aja (Haute tension), Xavier Gens ( Frontière(s)) ou Christophe Gans (Le Pacte des loups) ont ensuite pris la relève avec plus ou moins de succès.

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Mauvais genre ou mauvaises fréquentations

Il faut bien reconnaître que la plupart de ces films n’ont pas conquis un large public. « Cela s’explique partiellement par l’esprit cartésien des Français, précise Bruno Terrier, mais aussi par le fait qu’aucun mouvement ni aucun studio ne s’est spécialisé dans le cinéma de genre. » L’arrivée de films comme Grave de Julia Ducournau ou le plus récent Revenge de Coralie Fargeat, très apprécié dans de grands festivals, a un peu changé la donne, « poussant les distributeurs à songer à une mise en avant pour le cinéma de genre », insiste Bruno Terrier. Cependant, l’enthousiasme n’est pas forcément au rendez-vous quand il s’agit d’aller découvrir ces films en salles.

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Pas de prophète dans ce pays

Les amoureux de cinéma fantastique se font tirer l’oreille : « Quand je conseille un film français à mes clients, ils se montrent tout de suite méfiants, présupposant qu’il va être mauvais alors qu’ils me font confiance si je leur recommande une œuvre étrangère », assène Bruno Terrier. Paradoxalement, les fidèles de Metaluna Store sont « fans de Belges francophones comme Fabrice Du Welz (Calvaire) », tandis que les étrangers « vénèrent Jean Rollin, que nos concitoyens considèrent avec une pointe de mépris ». Alors faut-il vraiment que les Français s’expatrient comme Alexandre Aja ou le duo Bustillo-Maury (Aux yeux des vivants) qui tournent maintenant aux Etats-Unis ? On espère bien que non !