VIDEO. «Abracadabra»: Les porcs et les machos latinos balancés dans le même sac

COMEDIE Le réalisateur de « Blancanieves » avoue avoir voulu s'amuser avec les rapports entre les hommes et les femmes dans cette fantaisie...

Caroline Vié
Antonio de la Torre dans Abracadabra de Pablo Berger
Antonio de la Torre dans Abracadabra de Pablo Berger — Condor distribution
  • Un épouvantable macho change du tout au tout après avoir été hypnotisé.
  • « Abracadabra » jongle avec les genres pour analyser les rapports entre hommes et femmes.
  • Ce film espagnol fait rire et réfléchir.

Pablo Berger, réalisateur du singulier Blancanieves, est de retour avec Abracadabra, une comédie irrésistible. La pulpeuse Maribel Verdù y voit sa vie changer quand son macho de mari devient un ange de prévenance après avoir été envoûté par un hypnotiseur.


« J’avais envie de m’amuser de la façon dont les mâles espagnols considèrent leur femme, explique Pablo Berger à 20 Minutes. La plupart de mes concitoyens peinent à prendre les besoins de leur compagne en considération. » Mariée à un grutier (Antonio de la Torre, vu dans La Isla Minima) qui s’intéresse davantage au football qu’à sa moitié, l’héroïne n’en revient pas de voir soudain ce dernier lui apporter son petit-déjeuner au lit et la combler d’attentions.


Macho mais pas trop

Cette comédie fantastique sur des gens ordinaires confrontés à des choses extraordinaires donne un grand coup de pied dans les roubignolles d’un homme comme Pablo Berger avoue en avoir souvent croisé jusque dans son miroir. « Moi-même, je dois lutter contre mes propres habitudes pour ne pas être aussi détestable, plaisante-t-il. Ce film est un clin d’œil aux femmes de mon entourage. » Gageons que ces dernières sont des cinéphiles car le cinéaste multiplie les références à de grands moments du 7e Art comme L'Exorciste ou La fièvre du samedi soir.

Macho c’est beau ?

A quoi reconnait-on ce fameux macho dont se moque Pablo Berger ? « Il estime que tout lui est dû et que les femmes sont faites pour le servir, explique le cinéaste. C’est une telle évidence pour lui qu’il ne se pose pas la moindre question. » L’héroïne est pourtant plus inquiète qu’enchantée par la métamorphose de son époux. Elle en vient à se dire qu’il est possédé par un esprit malin. « N’était-il pas amusant de se demander quelle version de son mari elle va avoir envie de garder ?, demande Pablo Berger. Ce qu’on imagine comme un idéal peut révéler des vices cachés. »


Allô macho bobo ?

Mêlant les genres, le cinéaste joue sur un kitsch volontairement appuyé et bariolé pour malmener les rapports humains dans un Madrid filmé de façon flamboyante. « Mon discours est anticonformiste, assène-t-il, mais j’espère qu’il donnera à réfléchir sur le couple. » Entre comédie et thriller, cette histoire d’amour atypique maintient le spectateur en haleine par ses constants changements de tons. Abracadabra se révèle vraiment magique en se moquant des machos comme de celles qui se laissent asservir !