«Croc-Blanc»: Entre chien et loup, l'animal est bien la star du roman de Jack London

ANIMATION Le directeur artistique de cette fresque animée explique à « 20 Minutes » en quoi cette adaptation du roman de Jack London est différente des autres « Croc-Blanc »…

Caroline Vié

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Croc-Blanc d'Alexandre Espigares
Croc-Blanc d'Alexandre Espigares — Wild Bunch distribution
  • « Croc-Blanc » offre une nouvelle vision de l’œuvre de Jack London.
  • Les auteurs ont choisi de raconter cette aventure selon le point de vue du chien qui en est le héros.
  • Ce film d’animation très réussi a été sélectionné au Festival de Sundance.

Croc-Blanc d' Alexandre Espigares dans une nouvelle version aussi plaisante que dépaysante. Cette adaptation du livre de Jack London adopte le point de vue du héros à quatre pattes pour revisiter les célèbres aventures de ce dernier pendant la ruée vers l’or.

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Présenté cette année à Sundance, ce film d'animation franco-luxembourgeois surprend par sa modernité et son originalité.

Tout pour les images

« Jack London avait les mots pour partager son histoire, à nous d'utiliser les images pour essayer de rendre justice à son récit », confie le directeur artistique Stéphane Gallard. 20 Minutes explique pourquoi le film est différent des précédentes adaptations.

Un chien qui n'a rien d'humain

C’est Croc-Blanc lui-même que le spectateur suit tout au long de cette fresque animée. « Notre premier choix a été de refuser l’anthropomorphisme, précise Stéphane Gallard. Quand, dans mon enfance, j’ai vu L’Ours de Jean-Jacques Annaud, je n’ai pas eu besoin que le plantigrade ressemble à un humain pour le comprendre. »

Le comportement de Croc-Blanc demeure celui d’un animal. Et les aventures du chien-loup ne sont pas un prétexte pour narrer celles des humains qui l'entourent, un trafiquant doublé par Dominque Pinon ou un jeune couple auquel Virgine Efira et Raphaël Personnaz prêtent leurs voix.

Violent, mais hors-champs

Au contact des hommes, Croc-Blanc passe de l’état de chiot craintif à celui d’adulte courageux. « Ce film parle de ce que c’est de grandir et des choix que cela implique selon ses expériences et ses rencontres, précise Stéphane Gallard. C’est sur point que nous avons choisi d’insister parce que cela rend ce récit indémodable. »

Le spectateur s’attache à l’animal contraint de participer à des combats de chiens après avoir été séparé de l’Indien qui veillait sur lui. Les affrontements sont toujours traités hors champs, ce qui les rend d’autant plus marquants.

Une peinture du Far-West

Visuellement aussi, Croc-Blanc sort de l’ordinaire avec ses personnages qui semblent taillés dans le roc. « Nous avons traité la fourrure de Croc-Blanc mèche par mèche mais pas poil par poil, explique Stéphane Gallard. C’était à la fois un choix esthétique et économique qui lui permet d’avoir sa propre identité. »

Empruntant davantage aux couvertures de roman d’aventures d’autrefois et aux peintres du Far-West qu’aux dessins animés actuels, ce film est un vrai bonheur en même temps qu’une excellente surprise.