«Pacific Rim Uprising», c'est la rencontre entre le «kaiju» et le «mecha» (entre le quoi et le quoi?)

ROAR «Pacif Rim Uprising», un blockbuster américain qui doit tout aux Japonais...

V. J.

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«Pacific Rim Uprising» et ses Jaegers, référence directe aux «mecha» japonais
«Pacific Rim Uprising» et ses Jaegers, référence directe aux «mecha» japonais — Universal Pictures International France

Lors de sa sortie à l’été 2013, le premier Pacific Rim était un rêve de gosse devenu réalité, à la fois pour son réalisateur récemment oscarisé Guillermo Del Toro, mais aussi pour des millions de fans à travers le monde. Imaginez : robots géants contre gros monstres. BLAM ! VLANG ! BOUM !

Bon, il était également un blockbuster américain sous hautes influences japonaises, de Godzilla à Ultraman en passant par Patlabor ou Evangelion. Logiquement, la suite Pacific Rim Uprising, réalisée par Steven DeKnight et en salle mercredi, l’est aussi et elle s’inscrit parfaitement dans la tradition du tokusatsu, à mi-chemin entre le kaiju eiga et le mecha. Entre le quoi et le quoi ?

Un genre à part entière

Avec King Kong, Godzilla est le gros monstre le plus connu du cinéma, mais également le digne représentant des kaiju, terme japonais qui désigne des créatures géantes et mystérieuses qui dévastent des villes et que Pacific Rim reprend tel quel. Dans le Japon d’après-guerre, impossible de ne pas y voir une métaphore d’Hiroshima, et aujourd’hui de la catastrophe de Fukushima. Le succès du premier Godzilla en 1954 entraînera une trentaine de suites, la création d’autres monstres (Mothra, Gamera, Rodan…) et l’avènement d’un genre à part entière, le kaiju eiga. Avec ses acteurs en costumes qui piétinent des maquettes.

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Il faut savoir que le recours à des effets pratiques plutôt que numériques fait encore aujourd’hui partie intégrante du kaiju eiga, et le place ainsi dans la droite lignée du tokusatsu, contraction de tokushu satsuei et que l’on peut traduire littéralement par « effets spéciaux ». Le terme désigne et englobe les kaiju, mais aussi et surtout tous les super-héros de films et séries japonais, qu’il s’agisse des henshin et ses héros qui se transforment (Keman Rider, Ultraman, San Ku Kai), les super sentai et ses héros en groupe et en armure (Bioman), les héros de métal (X-Or) et les onna senshi pour les super-héroïnes (Cutie Honey).

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Dans son merveilleux robot… De lumière et d’acier…

Avec ces monstres venus du fond de l’océan et ses robots humanoïdes défenseurs de l’humanité, Pacific Rim Uprising coche toutes les cases du tokusatsu, mais il s’inspire également d’un autre genre typiquement nippon, plutôt acquis aux mangas et aux animés : le mecha. Pour faire court : Goldorak. Un mecha prend ainsi la forme d’un robot géant, d’un immeuble à une galaxie, qui peut parfois se transformer en véhicule et est souvent piloté par des adolescents. Les mangas Tetsujin 28-gō en 1956 et Mazinger Zen 1972 écrivent les bases du genre, qui sera exploité avec des sagas cultes comme Gundam, Macross, Evangelion et aujourd’hui Pacific Rim et ses Jaegers.