VIDEO. «Mektoub My Love»: Abdellatif Kechiche révèle cette fois des garçons

RENCONTRE Deux des jeunes acteurs de « Mektoub My Love » évoquent leur tournage avec le réalisateur de « La vie d’Adèle »…

Caroline Vié

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Mektboub My Love : Canto uno d'Abdellatif Kechiche
Mektboub My Love : Canto uno d'Abdellatif Kechiche — Pathé distribution
  • Une bande d’amis s’aiment et se déchirent le temps d’un été en 1994.
  • « Mektoub my Love : Canto uno » retrace leur parcours avec autant de naturel que de sensualité.
  • Abdellatif Kechiche révèle cette fois des garçons, après s'être plutôt focalisé sur des filles dans ses films précédents.

Et si Abdellatif Kechiche ne révélait pas que des filles ? Après avoir lancé les carrières de Sara Forestier, Hafsia Herzi ou Adèle Exarchopoulos (pour ne citer qu’elles), le réalisateur fait découvrir deux nouveaux jeunes acteurs épatants dans Mektoub my Love : Canto Uno, librement inspiré d’un roman de François Begaudeau.

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Le premier, Shaïn Boumedine, incarne un alter ego du réalisateur. C’est un étudiant en cinéma, calme et réfléchi. Le second, Salim Kechiouche, joue son cousin extraverti et séducteur, qui se perd volontiers dans des amoures sans lendemain. Ce film permet de partager l’été d’une bande de copains dans le sud de la France.

Le sexe, passage obligé ?

Le film s’ouvre sur une scène de sexe très chaude, entre Salim Kechiouche et Ophélie Bau, un peu comme si le réalisateur de La vie d’Adèle voulait s’affranchir immédiatement de ce passage obligé. « Abdellatif Kechiche était très discret sur le tournage de cette séquence, explique Salim Kechiouche. Il lui arrivait même de suivre l’action sur un écran dans la pièce d’à côté pour ne pas nous gêner. » Elle est restituée avec franchise et simplicité, de la même façon que toutes les promenades, soirées ou baignades qui vont suivre.

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La liberté, passage apprécié

Acteur trentenaire, vu récemment dans Voyoucratie et Corps étranger, Salim Kechiouche ne tarit pas d’éloges sur le cinéaste. « Il nous fait découvrir la liberté, explique-t-il. Abdellatif Kechiche est si fort qu’il vous donne l’impression d’improviser alors qu’il sait exactement ce qu’il veut. » Et de citer une scène où son personnage imite Aldo Maccione. « Je suis incapable de dire si cette idée est venue de lui ou de moi tant elle me semble naturelle. » Le naturel est vraiment le mot qui vient à l’esprit devant la façon dont sont filmés les acteurs.

Les débuts, passage bien négocié

A 22 ans, Shaïn Boumedine fait ses débuts à l’écran dans Metktoub my Love. « Je pense que qu’Abdellatif ressent une certaine pudeur à filmer des garçons, analyse-t-il. C’est un peu comme s’il se dévoilait lui-même. Et le spectateur de se demander si les cousins qu’incarnent les deux comédiens ne sont pas deux facettes du réalisateur. « C’est possible, avoue le jeune comédien, mais il ne nous l’a pas dit. » Sa candeur est touchante quand il découvre des agneaux nouveau-nés ou semble gêné par les avances d’une copine.

La caméra, passage improvisé

Les deux jeunes comédiens ont été épatés par la façon de filmer du cinéaste qui les suivait au plus près. « Il nous est arrivé de nous cogner dans une caméra tant il parvenait à nous la faire oublier », s’amuse Shaïn Boumedine. Une sensualité prégnante se dégage des corps et des visages qu’Abdellatif Kechiche détaille tel un entomologiste.

La suite, passage réglé

Contrairement à La vie d’Adèle dont la suite est incertaine, celle de Metktoub my love a déjà été filmée et se trouve en cours de montage. « Il ne nous reste plus qu’une scène à tourner », explique Selim Kechiouche. On est impatients d’en découvrir davantage sur ces garçons et ces filles qu’Abdellatif Kechiche nous fait aimer le temps d’un été et d’une projection de cinéma.