VIDEO. «La Prière»: Cédric Kahn volontiers «mystique» mais pas «religieux»

FOI Le réalisateur signe film sur la rééducation d’un jeune toxicomane dans une communauté religieuse. Il explique à « 20 Minutes » ce qui l’a motivé…

Caroline Vié

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Cédric Kahn dirige Anthony Bajon dans La Prière
Cédric Kahn dirige Anthony Bajon dans La Prière — La Pacte
  • « La Prière » suit la difficile cure de désintoxication d’un jeune toxicomane dans un centre catholique.
  • L’acteur Anthony Bajon a été récompensé pour sa prestation à la Mostra de Venise.
  • Ce film puissamment mystique raconte une renaissance.

Pour Cédric Kahn, le cinéma est une expérience mystique. Il la partage avec le spectateur dans La Prière, film dans lequel Thomas, un jeune toxicomane est accueilli dans un centre catholique afin de se désintoxiquer. « C’est une tradition de l’Eglise que d’aider à sauver des brebis égarées », explique le cinéaste à 20 Minutes.

Pour autant, la religion n’occupe qu’une petite part dans ce film qui retrace le parcours d’un paumé incarné par Anthony Bajon, jeune acteur récompensé à la Mostra de Venise pour sa prestation fougueuse et passionnée. « Je ne suis ni croyant, ni chrétien », précise le réalisateur de Vie sauvage et Une vie meilleure. La religion en tant que telle m’intéressait moins que l’addiction ou le fait de montrer que nous sommes tous des êtres dépendants d’une façon ou d’un autre. »

Une prière laïque

C’est après s’être copieusement documenté en fréquentant les «pensionnaires» de divers centres que Cédric Kahn a bâti son récit. « Ce que vivent les membres de ces communautés est proche d’une thérapie laïque. On y a pour obligation que de raconter son histoire et de dire la vérité. » Cet apprentissage rigoureux qui oblige à se mettre à nu en renonçant à toute intimité demande du courage et du temps. Le gamin solitaire se laissera petit à petit convaincre que le lâcher-prise est la seule façon de sauver sa peau.

#LaPrière de Cédric Kahn, sort mercredi prochain au cinéma !

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Les bienfaits de la prière

« L’idée du film est de faire comprendre les bienfaits de la prière, car pour moi, tout est prière, martèle Cédric Kahn. C’est le besoin de faire une pause, de se reconnecter avec soi-même pour mieux repartir, cela n’est pas forcément lié à la religion. » C’est pourtant cette dernière qui happe Thomas. Il y trouve une nouvelle forme d’addiction, nécessaire avant de choisir une nouvelle vie et de quitter la communauté. « Certains réussissent à s’en sortir, d’autres pas », commente Cédric Kahn qui montre avec beaucoup de pudeur la tendresse unissant ses laissés-pour-compte s’épaulant pour subsister.

Une prière fictive

« Ils faisaient partie de la même communauté avant de se rencontrer, explique le cinéaste. Leurs expériences, similaires, leur permettent de s’entraider. » Une scène très forte où chacun essaye de calmer un Thomas en manque montre à quel point la souffrance de chacun est prise en charge par tous. « Mon film est une fiction, mais il correspond à la réalité de choses que je n’aurais pas pu inventer », reconnaît Cédric Kahn. Cette authenticité est l’un des atouts majeurs d’un film en état de grâce.