Alexander Fehling dans The Captain- L'usurpateur de Robert Schwentke
Alexander Fehling dans The Captain- L'usurpateur de Robert Schwentke — Alfama Films

GUERRE

VIDEO. «The Captain - L'Usurpateur»: Méfiez-vous du nazi qui sommeille en vous

« The Captain L’Usurpateur » a reçu le prix « 20 Minutes » d’audace au Festival des Arc et on explique pourquoi…

  • Le réalisateur de « Red » Robert Schwentke change de registre pour brosser le portrait d’un déserteur allemand qui se fait passer pour un officier de l'armée allemande.
  • Ce film violent et dérangeant a reçu le prix 20 Minutes d’audace, décerné par un jury de journalistes et d’une lectrice de « 20Minutes », au Festival des Arcs.
  • Il montre des images violentes d'exécutions sommaires pour choquer et éviter le retour de l'idéologie nazie.

Si votre journal a remis son prix 20 Minutes d’audace à The Captain - L’Usurpateur lors du dernier Festival des Arcs, c’est parce que ce film fort et dérangeant ne manque pas d’audace. Robert Schwentke y raconte l’histoire vraie de Willi Herold, un déserteur allemand qui, à la fin de la guerre en 1945, s’approprie le costume d’un officier de l'armée allemande afin de sauver sa peau. 20 Minutes revient sur les raisons qui lui ont fait considérer cette œuvre impressionnante comme particulièrement gonflée.

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Audacieux pour les Allemands

« Je savais que je n’allais pas me faire que des amis dans mon pays en racontant cette histoire, explique le réalisateur allemand. Mes compatriotes refusent, pour la plupart, l’idée que des soldats aient pu déserter. » Non seulement, Willi Herold est un lâche, mais ce jeune homme de 20 ans va lui-même commettre et inciter ceux qu’il rencontre à commettre des exactions atroces.

Audacieux dans le discours

« En montrant la guerre du point de vue d’un faux officier allemand qui se prend pour un vrai, je place volontairement le public dans une situation inconfortable », s’amuse Robert Schwentke qui s’éloigne ici radicalement des deux derniers volets de la trilogie Divergente et de Red qu’il a réalisés aux Etats-Unis. Son « héros » trouve des soldats plus que volontaires pour se salir les mains à sa place, massacrant des innocents avec un enthousiasme gaillard. « C’est parce qu’il y avait des gens prêts à accomplir ces actes que le système a si bien fonctionné », martèle le cinéaste. Schwentke n’y va pas de main morte pour appuyer sa démonstration.

Audacieux dans les images

Le directeur d’un camp de prisonnier et son épouse font partie des personnages les plus répugnants du film. L’apparente normalité de leurs rapports de couple comme leur complicité pour tuer met extrêmement mal à l’aise pendant une scène d’exécution de prisonniers contraints de courir après avoir été attachés ensemble. « Cette séquence très violente et toutes celles qui s’en rapprochent sont la raison pour laquelle j’ai tourné en noir et blanc, insiste Robert Schwentke. Elles n’auraient pas été supportables autrement. » De la même façon, le cinéaste parsème son film de touches d’humour ironique et burlesque fort bien venues…

Audacieux dans le message

Il serait bien dommage de révéler les derniers plans de cette œuvre. Il suffit de dire qu’ils prolongent le malaise du passé au présent. « Le nazisme n’a pas disparu, tant s’en faut : il faut donc se montrer vigilant pour qu’ils ne reviennent pas en force », insiste Robert Schwentke. Ce film dérangeant ne fait aucun cadeau à son public pour asséner cet avertissement.