VIDEO. «L'ordre des choses»: Les états d'âme d'un policier face au «robinet de l'immigration»

DRAME Plus qu’un film sur les migrants, « L’ordre des choses » montre les états d'âme d’un policier italien, entre humanité et raison d’Etat…

Caroline Vié

— 

Paolo Pierobon dans L'ordre des choses d'Andrea Segre
Paolo Pierobon dans L'ordre des choses d'Andrea Segre — Sophie Dulac distribution
  • Dans « L’ordre des choses », un policier italien est envoyé en Libye pour enrayer le flot des migrants.
  • Documentariste réputé, le réalisateur Andrea Segre, a préféré recourir à la fiction pour traiter d'une réalité sur laquelle il a enquêté.
  • Son film, qui met en cause les gouvernements européens, s’inscrit dans une actualité brûlante.

Andrea Segre livre un film fort et engagé avec L'ordre des choses. Documentariste réputé, le réalisateur de La petite Venise a préféré recourir à la fiction pour décrire la prise de conscience d’un policier italien envoyé en Libye pour négocier que les migrants africains ne débarquent pas dans son pays.

« La fiction permettait une plus grande liberté, confie-t-il à 20 Minutes. Il m’était impossible de filmer ce que j’avais vu sur place, mais tout ce que je raconte est avéré. » Notamment comment le gouvernement italien engage des milices pour retenir les réfugiés en Afrique, un sujet abordé en septembre dernier par Courrier international.

Des milices comme solution

Le policier italien, héros du film, découvre évidemment cela avec horreur. D'autant qu'il s’attache, sur place, à une jeune Somalienne. De quoi ébranler ses certitudes et remettre sa neutralité en question! « Si les migrants ne pénètrent pas en Italie, le gouvernement pense qu'au moins, il ne pourra pas être accusé de violer leurs droits », explique Andrea Segre. C’est après avoir tourné le documentaire Mare Chiusio en 2012 que le cinéaste a découvert l’ampleur du problème de ces mercenaires engagés discrètement afin de « couper le robinet de l’immigration », comme le dit l’un des personnages du film

Un problème européen

« Les migrants ne sont pas l’unique sujet de L’ordre des choses, martèle-t-il. Si j’ai choisi de parler de l’Italie parce que je suis Italien. Mais le problème éthique et identitaire que j’aborde concerne toute l’Europe. » Déchirée, comme son héros, entre humanisme et raison d’Etat.