VIDEO. «The Disaster artist»: «James Franco a pris des libertés avec notre histoire», estiment les créateurs de «The Room»

COMEDIE « The Disaster Artist » de James Franco raconte le tournage de l’un des plus mauvais films du monde, sur lequel reviennent leurs auteurs Tommy Wiseau et Greg Sistero…

Caroline Vié

— 

James Franco incarne Tommy Wiseau dans The Disaster artist.
James Franco incarne Tommy Wiseau dans The Disaster artist. — Justina Mintz/Warner Bros
  • James Franco s’est inspiré de l’histoire vraie du réalisateur Tommy Wiseau, réalisateur de « The Room ».
  • Un livre encore plus délirant revient sur le tournage invraissemblable de ce film devenu culte.
  • « 20 Minutes » a rencontré Tommy Wiseau et son complice habituel Greg Sistero.

Dans The Disaster Artist qu’il a réalisé, James Franco incarne Tommy Wiseau (prononcer « Waïzeau »), un réalisateur qui s’est fait connaître en signant The Room (2003), un long-métrage si mauvais et si délirant qu’il a fini par devenir culte après avoir connu une distribution des plus confidentielles.

Greg Sistero, complice de Wiseau et acteur de The Room, a écrit The Disaster Artist (paru en France chez Carlotta et superbement traduit par Marie Casabonne) pour raconter comment, dans un mélange ahurissant de prétention et d’inconscience, Wiseau est parvenu à se faire connaître en créant un personnage à la fois ringard, flamboyant et mystérieux de génie mal comprit.

>> A lire aussi : Quand les auteurs de nanars deviennent des stars

20 Minutes a rencontré les deux complices en visite à Paris en février pour des projections à guichets fermés au Grand Rex et au Forum des images.

Tommy Wiseau et Greg Sistero #thedisasterartist @paniccinema

A post shared by Caroline Vié (@caroklouk2) on

Exploité mais content

« James Franco a exploité mon travail, mais il m’a ouvert la porte d’un plus large public », admet Tommy Wiseau qui a accompagné l’acteur et réalisateur de The Disaster Artist sur la scène des Golden Globes sans que ce dernier ne lui laisse prendre la parole. Avec ses cheveux noir, son visage sans âge et son look de rockeur, Tommy Wiseau fascine. « James Franco a pris des libertés avec notre histoire qui était encore plus folle que ce qu’on voit dans son film », s’amuse Greg Sistero, Grenoblois installé aux Etats-Unis. Le film, qui aurait coûté 6 millions de dollars, n’en aurait rapporté que 1.800 en salles en deux semaines d'exploitation.

Une vision à revoir

La production de The Room, telle qu’elle est revisitée par James Franco, laisse pourtant le spectateur bouche bée, quand Wiseau, acteur pitoyable, reprend inlassablement la même scène ou quand, réalisateur et producteur, il mène son équipe à la baguette. « J’avais une vision » commente-t-il visiblement peu affecté par l’image de fou mégalomane qu’ont brossé de lui Sistero et Franco. Depuis, il a fondé son propre site où il distribue son film et des produits dérivés dont une collection de sous-vêtements. Il fait aussi le tour du monde pour rencontrer ses fans.

#TheRoom #tommywiseau #gregsestero #jamesfranco #disasterartist

A post shared by Thomas Repaux (@t_repfiles9) on

Les meilleurs ennemis pour toujours

Malgré leurs différends évidents dans le film et le livre, Sistero et Wiseau sont toujours inséparables. Ils viennent de terminer un nouveau film Best f (r) riends, montré à Sundance puis à Paris grâce à Panic ! Cinéma. Greg Sistero y incarne un trafiquant de dents en face à Tommy Wiseau, étonnant dans le rôle d’un dentiste excentrique. « C’est inspiré d’une histoire vraie » affirment-ils à 20 Minutes. Et d’annoncer gaillardement qu’ils préparent déjà une suite.