Ce jour où Hayao Miyazaki a envoyé un sabre à Harvey Weinstein

ANECDOTE Le producteur du réalisateur japonais a envoyé un sabre à Harvey Weinstein en 1997…

Anne Demoulin

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Hayao Miyazaki à Los Angeles, le 8 novembre 2014.
Hayao Miyazaki à Los Angeles, le 8 novembre 2014. — Chris Pizzello/AP/SIPA

Une anecdote digne d’une séquence de Kill Bill. Avant d’être au cœur du scandale sexuel qui a lancé le mouvement #MeToo, Harvey Weinstein, puissant producteur hollywoodien, était surnommé « Harvey Scissorhands » (« Harvey aux mains ciseaux ») parce qu’il avait l’habitude de couper de nombreuses séquences aux films qu’il produisait.

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Gangs of New York de Martin Scorsese a été amputé d’une heure, tout comme Cinema Paradiso de Giuseppe Tornatore ou encore Shaolin Soccer de Stephen Chow, écourté de vingt minutes.  Lorsqu’en 1997, Miramax, la société de production et de distribution de cinéma des frères Weinstein, obtient les droits d’exploitation de Princesse Mononoké d’Hayao Miyazaki, le maître de l’animation japonaise résiste, selon Brain, qui a fait ressortir cette histoire incroyable.

« Il m’a bombardé avec ses attaques »

« Je suis allé à New York pour rencontrer Harvey Weinstein, il m’a bombardé avec ses attaques pour que je raccourcisse le film », confiait au Guardian en 2005 le réalisateur japonais.

Après cet entretien, Harvey Weinstein aurait reçu un sabre de samouraï avec le message « No Cuts » (« Aucune coupe »). Le réalisateur japonais obtient gain de cause et Princesse Mononoké sort tel quel. « C’est mon producteur qui a fait ça », précisait alors le réalisateur, et ajoutait en souriant : « Je l’ai battu. »