VIDEO. «La fête est finie» mais elle ne fait que commencer pour ses héroïnes

DRAME Ce film tonique raconte une belle histoire d’amitié sur fond de désintoxication à la drogue…

Caroline Vié

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Zita Hanrot et Clémence Boisnard dans La fête est finie de Marie Garel-Weiss
Zita Hanrot et Clémence Boisnard dans La fête est finie de Marie Garel-Weiss — Pyramide distribution
  • La réalisatrice a puisé dans son passé pour raconter cette histoire.
  • Zita Hanrot et Clémence Boisnard y sont brillantes.
  • Le film a été récompensé au Festival de Saint-Jean-De-Luz.

Elles sont jeunes, belles et très droguées. Céleste (Clémence Boisnard) et Celim (Zita Hanrot découverte dans Fatima) luttent contre leur addiction dans le puissant La fête est finie de Marie Garel-Weiss. Que ce soit dans la rue ou dans un centre de désintoxication, leur amitié s’épanouit et fait chaud au cœur du spectateur.

Pour ce premier film récompensé au Festival de Saint-Jean-de-Luz, la réalisatrice a puisé dans son expérience d’ancienne toxicomane. « C’est une histoire optimiste, explique-t-elle à 20 Minutes, qui montre qu’on peut s’en sortir même si cela n’est pas facile. »

Trouver la voie (ou pas)

Plus encore que le récit de leur désintoxication, La fête est finie insiste sur la force qui galvanise les héroïnes quand elles mettent leurs forces en commun. « Leur entourage pense qu’elles vont se faire chuter l’une l’autre et que leur relation ne peut déboucher que sur un échec », insiste la cinéaste. Leur dépendance réciproque, loin de les couler, leur donne des bases pour trouver une nouvelle voie, ce qui ne les empêche pas de trébucher sur le chemin où elles rencontrent des êtres attachants incarnés par des comédiens trop rares comme Michel Muller, Christine Citti et Marie Denarnaud.

S’en sortir (ou pas)

« Je ne sais toujours pas pourquoi on devient dépendant ni pourquoi certains s’en sortent et d’autres pas, avoue Marie Garel-Weiss. J’ai connu des gens qui avaient tout pour réussir et qui sont morts et d’autres qui semblaient moins bien partis et qui s’en sont tirés. » Ce paradoxe donne un supplément d’âme à ce film solaire qui ne réduit pas les personnages à leur addiction. Le spectateur prend fait et cause pour les deux jeunes femmes parce que la réalisatrice les fait exister en dehors de la drogue sans pour autant se perdre dans des explications psychologiques fumeuses.

Faire la fête (ou pas)

Le titre de son film, Marie Garel-Weiss l’a choisi bien avant la sortie de l’album éponyme d’Orelsan. « J’aimais cette idée que l’on puisse considérer quelque chose qui vous détruit comme festif, précise-t-elle. Quand on est à fond dans la drogue, on se demande vraiment comment font ceux qui n’en prennent pas pour survivre. J’aurais voulu appeler mon film Que la fête commence mais c’était déjà pris ! » Elle envisage aujourd’hui de changer de sujet et d’écrire une comédie. Si la fête est finie, elle est loin d’être terminée maintenant que la cinéaste est lancée.