VIDEO. «Rien n'est plus punk que de déclarer son amour», assure le réalisateur Guillermo del Toro

INTERVIEW « La forme de l’eau » évoque la passion entre une humaine et une créature aquatique dans ses moindres détails, y compris les plus crus…

Caroline Vié

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Sally Hawkins et Doug Jones dans La Forme de l'eau de Guillermo del Toro
Sally Hawkins et Doug Jones dans La Forme de l'eau de Guillermo del Toro — 20th Century Fox
  • « La forme de l’eau » est une merveilleuse histoire d’amour.
  • Guillermo del Toro y parle de tendresse mais aussi de sexe.
  • Il exclut la vulgarité mais pas la sensualité.

La Forme de l’eau de Guillermo del Toro, histoire d’amour entre une humaine muette et une créature aquatique, sera, à coup sûr, l’un des films les plus romantiques de 2018. Epaulés par Richard Jenkins et Octavia Spencer, traqués par Michael Shannon, les deux héros incarnés par  Sally Hawkins et Doug Jones se battent pour faire triompher leur couple dans ce conte envoûtant. Le réalisateur du Labyrinthe de Pan s’est confié à 20 Minutes sur sa conception de l’amour.

Assumez-vous le côté romantique de «La Forme de l’eau» ?

Absolument ! Même si c'est la face sombre du romantisme. Pour moi, rien n’est plus punk que de déclarer son amour parce qu’on prend le risque de se dévoiler. Mon film a certes un aspect violent qui peut déranger, mais il est résolument optimiste puisqu’il affirme que tout le monde peut trouver chaussure à son pied.

Pourquoi vos personnages sont-ils tous en mal d’amour ?

Le rejet et la solitude sont dramatiques, quelles qu’en soient les causes. J’ai toujours eu de l’affection pour ceux que la société met de côté pour des questions de couleur de leur peau, d'orientation sexuelle, d'apparence, de condition sociale ou d'infirmité. Je me sens proche d’eux, au point d’avoir envie de les consoler dans mes histoires.

Comment concilier cela avec la sexualité que l'on voit à l'écran ?

L’amour physique est une composante essentielle dans la relation que mon héroïne entretient avec l’Amphibien. Leur passion n’a rien d’éthéré. J’ai voulu aborder ce sujet de front, sans pudibonderie, sans pour autant choquer les spectateurs. Mais à un moment, les voir s’aimer sans retenue me semblait aussi indispensable que naturel.