VIDEO. «Revenge»: La réalisatrice française Coralie Fargeat balance son gore et ça fait mal

HORREUR Si le film « Revenge » a été très remarqué en festival, c’est parce que la réalisatrice française Coralie Fargeat mêle habilement gore et féminisme…

Caroline Vié

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Matilda Lutz dans Revenge de Coralie Fargeat
Matilda Lutz dans Revenge de Coralie Fargeat — Rezo Films
  • Dans « Revenge », une jeune femme violée prend les armes contre ses agresseurs.
  • Ce film très gore met en avant une héroïne déterminée.
  • Il s’inscrit dans la mouvance de #metoo et #balancetonporc.

Grave de Julia Ducournau l’a prouvé l’an dernier : le gore peut se conjuguer au féminin. Si la réalisatrice nous confiait l’an passé qu’elle espérait que son film «  dégage un souffle libérateur », elle est exaucée à 300 % par l’excellent Revenge de Coralie Fargeat.

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Dans ce film brutal remarqué à Toronto, Sundance et Gérardmer, une jeune femme violée (merveilleuse Matilda Lutz) traque ses agresseurs en Diane chasseresse version 2.0. Elle manie armes blanches et gros flingues avec une rage décuplée par le fait que ses bourreaux ont tenté de la tuer. « J’aurais quand même tourné ce film s’il avait été réalisé par un homme, explique la comédienne à 20 Minutes, mais je n’aurais sans doute pas été aussi à l’aise qu’avec Coralie. »

Tout le monde à poil

Matilda Lutz et son physique de déesse évoluent en petite tenue d’un bout à l’autre de ce « rape and revenge » (« viol et vengeance ») qui malmène les codes du genre. « C’est une femme libre, explique Coralie Fargeat. Le fait qu’elle s’habille comme elle veut ne justifie pas la réaction sauvage de ces hommes. » La réalisatrice n’hésite pas à exhiber aussi son acteur principal lors d’un final haletant. « Je ne sais pas si un réalisateur aurait filmé cette scène ainsi, commente-t-elle. La seule séquence sur laquelle je suis restée pudique est celle du viol. » Ce qui la rend d’autant plus difficile à supporter.

Gore gore girls

Le film n'a de cesse de mettre le gore à l’honneur, que l’héroïne use d’une méthode très personnelle pour soigner ses blessures ou qu’elle règle leur compte aux sales types de façon graphique. « Le temps où les réalisatrices étaient cantonnées aux comédies romantiques et aux drames intimistes est révolu, martèle Coralie Fargeat. Les femmes aussi aiment les films qui déménagent. » Remarquée par les producteurs américains, la quadragénaire s’est vue proposer de réaliser un volet de la saga Fast and Furious. « Ce n’est pas dit que cela se fera, mais cela prouve que les mentalités évoluent et l’ affaire Weinstein n’y est pas pour rien ! »

Dans l’air du temps

Bien que Revenge ait été réalisé avant qu’éclatent les mouvements #metoo et #balancetonporc, son message résolument féministe est dans l’air du temps. Il fait chaud au cœur entre deux décharges d’adrénaline. « Mon héroïne refuse de se taire après avoir été violée et elle fait valoir son bon droit au péril de sa vie, insiste la cinéaste. Elle est une femme d’aujourd’hui qui ne se laisse pas humilier. » Elle donne aussi envie de se lever pour l'applaudir et de ne plus jamais se laisser marcher sur les pieds.