VIDEO. «L’Insulte»: Une citation à l'Oscar en forme de doigt d'honneur

DISPUTE Film brillant sur une querelle de voisinage qui tourne à l’affaire d’État, « L’Insulte » représente le Liban aux Oscars et sort ce mercredi...

Caroline Vié

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Adel Karam et Kamel El Basha dans L'Insulte de Ziad Doueiri
Adel Karam et Kamel El Basha dans L'Insulte de Ziad Doueiri — Diaphana distribution
  • Le réalisateur Ziad Doueiri s’est inspiré d’une vraie dispute pour écrire son film.
  • Il estime que sa nomination aux Oscars est une revanche contre ses détracteurs.
  • « L’Insulte » représente le Liban à la cérémonie hollywoodienne.

Tout ça pour ça ? C’est la question qui revient constamment en regardant L’Insulte, excellent film de Ziad Doueiri, le réalisateur de L’Attentat et de la série Baron noir. Quelques mots agressifs échangés entre un réfugié palestinien et un chrétien libanais tournent à l’affaire d’État dans cette œuvre brillante nommée à l’ Oscar du meilleur film étranger, où il représentera le Liban.

Entre le « chien sioniste » et celui que « Sharon aurait dû faire disparaître » (pour citer les échanges fleuris qu’échangent les protagonistes), la querelle de voisinage tourne à un règlement de comptes symptomatiques des tensions dans le Beyrouth d’aujourd’hui. « Je me suis inspiré d’une dispute qui m’est arrivée et d’insultes que j’ai réellement proférées », déclare le cinéaste.

Le Liban se défend

La situation dégénère dans le film bien plus que dans la réalité, rendant le gouvernement libanais nerveux au point de faire apposer un carton au générique disant que L’Insulte ne représente pas son opinion. « Je craignais que le film soit carrément interdit à Beyrouth, explique le cinéaste au site Cinéeuropa. Le bureau de la censure a finalement accepté de nous donner le feu vert, à condition que nous annoncions qu’ils ne sont pas responsables du contenu. »

Arrêté au Liban

Les rapports du cinéaste avec le Liban sont des plus tendus. Arrêté à Beyrouth à son retour de la Mostra de Venise où L’Insulte a été primé, Ziad Doueiri a été accusé d’avoir tourné en Israël avant d’être finalement relaxé par un tribunal militaire. « J’aimerais que le film aille aux Oscars, ce serait une façon de dire à mes détracteurs d’aller se faire foutre », confiait-il à Konbini avant la nomination. Il ne manquerait plus qu’il obtienne la statuette pour assurer la déconfiture totale de ceux qui ne l’aiment pas.