Alec Secareanu et Josh O'Connor dans Seule la terre de Francis Lee
Alec Secareanu et Josh O'Connor dans Seule la terre de Francis Lee — Pyramide Distribution

ROMANCE

VIDEO. Pourquoi «Seule la Terre» n'est pas qu'un film gay de plus

« Seule la Terre » vibre de tendresse dans la campagne anglaise pour raconter une belle histoire d'amour...

  • Ce premier film, primé à Sundance, à Dinard et à Saint-Jean-de-Luz, évoque « Le secret de Brokeback Mountain » par sa sensibilité.
  • « Seule la terre » raconte avant tout une belle histoire d’amour dans le Yorkshire sauvage.

Quand on lit le pitch de Seule la terre, premier film de Francis Lee, on pourrait croire à un énième film de coming out. Pourtant, l’histoire d’amour d’un fermier du Yorkshire avec un saisonnier surprend constamment le spectateur.

« Que l’on soit homo ou hétéro, on sait tous quel effet ça fait de tomber amoureux et à quel point construire une grande histoire d’amour est un défi en soi », raconte Francis Lee. Ce n’est pas sans mal que son personnage principal, incarné par Josh O’Connor, passe de rencontres sans lendemain à une véritable relation amoureuse avec un ouvrier roumain campé par Alec Secareanu.

Loin des menaces homophobes

On pense au cinéma de Ken Loach pour l’âpreté d’un récit qui fait contraster le dur travail de la terre et la tendresse naissante des protagonistes. Il y a plus de Brokeback Mountain que de Tom à la ferme dans une œuvre sensible où l’amour triomphe loin des menaces homophobes qu’on aurait pu redouter dans l’Angleterre rurale. C’est une vie épuisante, rythmée par un labeur particulièrement rude, qui met la relation des amants en péril. Leurs amours sont malmenées, moins par leur entourage que par leurs conditions.

Entre social et sentimental

« Nous montrons le cheminement émotionnel de leurs personnages mais aussi la besogne qu’ils accomplissent quotidiennement », insiste Tom Lee. Ce mélange entre intrigue sentimentale et chronique sociale est une réussite. Happé dans des paysages sauvages, le spectateur se sent aussi proche de la terre que des deux héros. C’est peut-être parce qu’il a puisé dans son propre passé rural que Francis Lee est parvenu à rendre aussi puissant ce beau film récompensé aux festivals de Sundance, de Dinard et de Saint-Jean-de-Luz.