VIDEO. «Bienvenue à Suburbicon»: George Clooney sous l'influence des frères Coen

Thriller Même si l’acteur américain assure seul la réalisation, les frères Coen ont cosigné le scénario de « Bienvenue à Suburbicon ». Et on reconnaît bien leurs coups de griffes…

Caroline Vié
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Matt Damon dans Bienvenue à Suburbicon de George Clooney
Matt Damon dans Bienvenue à Suburbicon de George Clooney — Metropolitan Film Export
  • George Clooney a cosigné le scénario de ce polar avec les frères Coen.
  • « Bienvenue à Suburbicon » rappelle plusieurs films des célèbres frangins.
  • L’humour et le suspense y font bon ménage autour de Matt Damon et Julianne Moore.

Pour Bienvenue à Suburbicon, le réalisateur George Clooney s’est offert des scénaristes de choix. Les frères Ethan et Joel Coen l’ont, en effet, épaulé pour écrire ce polar grinçant où un gamin est persécuté par son père, veuf et cupide.


C’est en 1999 que les Coen ont confié ce scénario à l’acteur qu’ils ont dirigé à quatre reprises. « Il s’agissait d’un thriller humoristique, explique George Clooney dans le dossier de presse. On s’est dit qu’on voulait en faire un film moins comique et plus incisif. » Le producteur Grant Heslov a lui aussi prêté la main à l’écriture de ce suspense où la patte des frangins est très reconnaissable.

Des acteurs familiers

Clooney s’est entouré de comédiens adoubés par les Coen : Matt Damon que le duo a dirigé dans True Grit s’amuse en papa faussement propre sur lui. Julianne Moore, vue dans The Big Lebowski, s’éclate dans le double rôle d’une gentille maman et de sa sœur nettement moins recommandable. Et Oscar Isaac remarqué dans le rôle-titre d’Inside Llewyn Davis se délecte en agent d’assurances.

Des personnages englués dans le mensonge

Difficile de ne pas penser à  Fargo devant ces personnages qui s’enferrent dans le mensonge et ne parviennent plus à en sortir. Impossible de ne pas songer aux héros un brin idiots de Burn After Reading, tant les protagonistes accumulent les mauvaises décisions. On aurait presque envie de les gifler tant ils sont responsables des catastrophes qu’ils déclenchent.



Un polar mâtiné de critique sociale

C’est dans la lignée de The Barber et Miller's Crossing que s’inscrit cette histoire d’un enfant en danger, hommage au film noir teinté de critique sociale. George Clooney a été à bonne école auprès des frères Coen pour faire monter le suspense autour du jeune Noah Jupe, qui, comme la mamy de Ladykillers, se retrouve menacé par des hommes sans scrupule.



Une Amérique aux saveurs désuètes

Comme dans O'Brother, Bienvenue à Suburbicon plonge le spectateur dans une Amérique fantasmée qu’on pourrait croire parfaite avant d’en découvrir les secrets et les mesquineries. Ici, c’est le racisme abject de voisins pourrissant la vie d’une famille black récemment installée dans leur lotissement qui est violemment brocardé.

Du gore quand (et comme) il faut

Les frères Coen n’ont jamais hésité à mettre les mains dans l’hémoglobine comme le prouvent certaines séquences gorissimes de Sang pour Sang ou de Fargo. Clooney les suit sur cette voie sanglante. Tuer quelqu’un, c’est sale et difficile comme en témoigne une scène de meurtre fort graphique.