VIDEO. «La Villa» : Jean-Pierre Darroussin trouve «formidable de faire partie d'une œuvre»

INTERVIEW Dans « La Villa », l’acteur retrouve le cinéaste Robert Guédiguian et ses partenaires complices pour une ode à l’amitié pleine d’espoir…

Caroline Vié

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Jean-Pierre Darroussin et Ariane Ascaride dans La Villa de Robert Guédiguian
Jean-Pierre Darroussin et Ariane Ascaride dans La Villa de Robert Guédiguian — Agat film/Diaphana
  • Cela fait plus de trente ans que Jean-Pierre Darroussin tourne avec Robert Guédiguian.
  • Dans « La Villa », l’acteur retrouve la troupe habituelle du cinéaste pour s’interroger sur la vie.
  • Cette réflexion sur le temps qui passe et les idéaux en berne reste malgré tout porteuse d’espoir.

Entre les acteurs Jean-Pierre Darroussin, Ariane Ascaride, Gérard Meylan et le réalisateur Robert Guédiguian, la complicité dure depuis plus de trente ans. Elle transparaît dans chaque plan de La Villa, chronique sincère sur fond d’amitié et d’idéaux en berne étonnamment porteuse d’espoir.

Réunis autour de leur père pas vraiment au meilleur de sa forme, ces frères et sœur s’interrogent sur le passé, l’avenir et la vie en donnant au spectateur l’impression de faire partie de leur bande à laquelle s’est adjointe la délicieuse Anaïs Demoustier.

Pour 20 Minutes, Jean-Pierre Darroussin revient sur sa relation professionnelle et amicale avec le réalisateur et sa troupe qu’on entrevoit, jeune, dans un flash-back extrait de Ki lo sa ?, le premier film qu’il a tourné avec Robert Guédiguian en 1985.

Vous sentez-vous nostalgique quand vous revoyez ces images du passé ?

Je refuse l’idée du « c’était mieux avant » que défend un personnage du film, bien que j’ai fini par admettre devant mes enfants que j’étais heureux d’avoir vécu ma jeunesse à mon époque plutôt qu’à la leur. Nous pensions alors que nous allions changer le monde et que les pauvres seraient gagnants.

On vous voit ensemble depuis plus de trente ans, comment cette collaboration a-t-elle évolué ?

Elle s’est épanouie avec le temps. Il n’y a pas de zones d’ombre entre nous. Nous utilisons ce que nous savons des uns et des autres pour le mettre au service du film. Je pense que Robert a besoin de la confiance qu’on lui donne pour prendre la parole. Nous sommes là pour le soutenir.

Comment expliquez-vous la fidélité des spectateurs ?

Cette complicité, nous l’entretenons aussi avec le public qui nous suit depuis toutes ces années. Cela permet de doser le besoin que ressent un acteur de se montrer et la nécessité qu’il a de s’effacer devant un personnage. Là aussi, il s’agit d’une question de confiance entretenue au fil des années. C’est formidable de se dire qu’on fait partie d’une œuvre.

Votre collaboration avec cette troupe complice prendra-t-elle fin en jour ?

Non ! Le cinéma nous permet d’exister simultanément dans la jeunesse et dans l’époque actuelle comme le montre le flash-back de Ki lo sa ? dans La Villa. Une réincarnation est donc possible grâce à la magie du 7e Art ! Plus sérieusement, le jour où l’un de nous partira, je doute que les autres auront envie de poursuivre le travail. Mais j’espère que nous aurons encore pas mal de films en commun.