VIDEO. «Thelma»: Joachim Trier s'inspire de Bergman et flirte avec «Carrie»

FANTASTIQUE « Thelma », le nouveau film du réalisateur de « Oslo 31 août », fait partager l’émancipation d’une étudiante aux étranges pouvoirs…

Caroline Vié

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Eili Harboe et Okay Kaya dans Thelma de Joachim Trier
Eili Harboe et Okay Kaya dans Thelma de Joachim Trier — Le Pacte
  • Dans « Thelma », une étudiante issue d’une famille stricte se découvre une attirance pour une camarade.
  • Joachim Trier signe un film étonnant qui flirte avec le fantastique.
  • Il a puisé dans ses références de cinéphile pour cette œuvre atypique.

L’héroïne de Thelma de Joachim Trier est presque une jeune fille comme les autres. D’étranges phénomènes se déroulent cependant quand cette étudiante introvertie se sent attirée par une camarade de classe.

Le réalisateur d’Oslo 31 août convoque Brian de Palma et Ingmar Bergman dans ce film envoûtant qui évoque à la fois Carrie et l’univers glacial du maître suédois. « Je suis un cinéphile, avoue Joachim Trier. Avec Thelma, j’ai essayé d’utiliser mes influences pour signer un film personnel. »

Un mélange de genres réussi

L’originalité de son film vient justement de ce mélange des genres où l’intrusion du fantastique rend l’étude psychologique d’autant plus fascinante. « Au début du projet, je voulais livrer un hommage au cinéma des années 1980 qui a été fondateur pour moi, précise Joachim Trier, puis j’ai décidé qu’il serait plus intéressant que mon histoire se déroule de nos jours. »

Thelma, brillamment incarnée par Eili Harboe, tente d’échapper au carcan religieux dans lequel elle a été élevée pour assumer son homosexualité. « Les jeunes actuels pourront s’identifier à elle », insiste le réalisateur.

L’influence de Stephen King

Plutôt que d’engloutir le spectateur sous des torrents d’hémoglobine, le cinéaste fait évoluer son héroïne dans un climat étrange, jouant sur un envol d’oiseaux ou une scène d’opéra pour faire ressentir ses émois. « Elle est en quête de son identité sexuelle et personnelle mais elle a été tellement corsetée que ses sentiments lui font peur », explique Joachim Trier. Sa Thelma fait certes penser à Carrie mais aussi à Charlie, autre gamine aux pouvoirs paranormaux créée par Stephen King dans son roman Firestarter. Cet auteur a beaucoup influencé le réalisateur par sa façon de mettre en scène des personnages marginaux qui se rebiffent », dit-il.

Thelma brosse le portrait d’une jeune femme merveilleusement photographiée par Jacob Ihre. L’élégance de la mise en scène, comme la performance d’Eili Harboe, font partie des audaces de l’ensemble. « On peut classer mon film dans le genre fantastique, reconnaît Joachim Trier, mais il déroutera sans doute les amateurs de cinéma d’horreur. » Cette œuvre aussi intelligente que sensible n’entre dans aucune case. Comme son héroïne, elle s’affirme en beauté par sa singularité et sa sensualité.