VIDEO. «Le musée des merveilles»: Todd Haynes retrouve la magie du cinéma muet

CONTE Todd Haynes adapte un roman de Brian Selznick avec de nombreux acteurs malentendants…

Caroline Vié

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Todd Haynes dans Le musée des merveilles
Todd Haynes dans Le musée des merveilles — Metropolitan Film Export
  • Todd Haynes conte les histoires parallèles de deux enfants sourds et fugueurs.
  • Son histoire, inspirée d’un livre de Brian Selznick, se déroule sur deux époques : 1927 et 1977.
  • Il a choisi de confier certains rôles de ce film presque sans dialogue à des acteurs malentendants.

Quel enchantement que Le musée des merveilles de Todd Haynes, présenté à Cannes cette année ! Pour son premier film accessible aux enfants, le réalisateur de Carol entraîne deux gamins sourds et fugueurs dans New York à deux époques différentes. En 1927 et en 1977, chacun tente de pallier solitude et manque d’amour et se perd dans la mégapole tentaculaire.

Retrouver l’enfance

« J’ai essayé de retrouver la magie que m’a apportée le cinéma quand j’étais gamin et que je recréais Mary Poppins, le premier film qui m’a marqué, dans ma chambre », confie le cinéaste à 20 Minutes. Pour ce faire, il s’est appuyé sur un récit de Brian Selznick, auteur d' Hugo Cabret porté à l’écran par Martin Scorsese et également disponible aux éditions Bayard. « Ces gamins qui cherchent leurs parents dans une ville très cinématographique me permettaient de rendre hommage à ma plus grande passion : le 7e Art et notamment le cinéma muet qu’on a trop oublié », insiste Haynes.

La surdité, un monde nouveau

La surdité constitue un élément capital du récit quand la petite Rose, perdue dans la ville, veut retrouver sa mère, actrice incarnée par Julianne Moore. « Il était essentiel pour moi de trouver une jeune actrice réellement sourde pour jouer Rose, explique Todd Haynes. Elle pouvait ainsi saisir le personnage dans toute sa complexité, tout en nous permettant de mieux le comprendre aussi. » Millicent Simmonds, 14 ans, apporte fraîcheur et fragilité à cette héroïne courageuse. « Dans les années 1920, le langage des signes n’était pas enseigné dans les écoles : elle devait donc se contenter de ses expressions pour faire passer ses émotions. » Mais Todd Haynes a tenu à ce que la jeune comédienne ne soit pas la seule malentendante à faire partie du casting.

Une ode à la différence

De nombreux acteurs sourds, pour la plupart venus du théâtre, ont également participé au film. « Cela m’a permis de découvrir une communauté de grands professionnels qu’Hollywood ne met jamais en avant », reconnaît Todd Haynes. Dans Le musée des merveilles, ces derniers ne se distinguent pas des autres interprètes. Chacun trouve sa place dans une harmonie au charme nostalgique. « J’ai toujours défendu les êtres différents, ce film s’inscrit dans ma thématique habituelle » s’amuse Todd Haynes. Avec une pointe de tendresse supplémentaire.