VIDEO. «Prendre le large» envoie Sandrine Bonnaire travailler comme ouvrière au Maroc

CHRONIQUE La comédienne incarne une ouvrière bien décidée à suivre son usine délocalisée au Maroc…

Caroline Vié

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Sandrine Bonnaire dans Prendre le large de Gaël Morel
Sandrine Bonnaire dans Prendre le large de Gaël Morel — Les films du Losange
  • Le film fait découvrir la vie difficile d’une ouvrière française dans une usine marocaine.
  • Sandrine Bonnaire est émouvante dans la peau d’une héroïne peinant à s’adapter.
  • Le réalisateur Gaël Morel joue la carte du réalisme pour cette œuvre sensible.

Quand son usine de textile française est délocalisée au Maroc, une ouvrière quadragénaire (Sandrine Bonnaire) refuse de prendre ses indemnités. Elle aussi partira au Maroc.

« Des ouvriers se sont vus récemment proposer des salaires de 400 euros s’ils acceptaient d’être reclassés en Pologne où leur usine était délocalisée, raconte Gaël Morel. La situation que j’imagine n’appartient pas à la science-fiction. » Le réalisateur de Prendre le large joue sur la carte du réalisme et profite de ce film sensible pour rendre hommage à son père qui a travaillé toute sa vie dans le textile.

L’équipe du film #PrendreLeLarge @festadelcinemaroma @gaelmorel #sandrinebonnaire

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Une adaptation difficile

Au Maroc, la Française n’est pas accueillie à bras ouverts. Elle doit se faire à une vie très dure et ne trouve pas toujours d’entraide ni de compréhension pour faciliter son adaptation. Epaulé par Rachid O. qui cosigne le scénario avec lui, le réalisateur de Après lui ne cache rien des difficultés de son héroïne mais montre également les bonheurs qu’elle rencontre sur place. « Même lorsque Sandrine porte une blouse, elle a ce port de tête et cette souplesse incroyables, qui, en même temps, ne sont pas à côté du personnage puisqu’elle-même est issue de la classe ouvrière », explique Gaël Morel.

Un bruit insoutenable

C’est à Tanger que le cinéaste a tourné Prendre le large dans une véritable usine. « Le bruit y est insoutenable entre les machines et la musique que l’on met pour pousser les ouvrières à accélérer la cadence, se souvient-il. J’ai d’ailleurs enlevé cette dernière car aucun spectateur n’aurait pu tenir. » Cette atmosphère oppressante est très bien rendue et contraste avec les moments de complicité que son personnage partage avec ses collègues et sa logeuse. Pour autant, le film n’est pas du tout déprimant.