VIDEO. «A Beautiful day»: Comment Lynne Ramsay a rendu Joaquin Phoenix marteau

THRILLER La réalisatrice de « We need to talk about Kevin » a permis à l’acteur américain de remporter le prix d’interprétation à Cannes pour son rôle de tueur hirsute et brutal dans « A Beautiful day »…

Caroline Vié

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Joaquin Phoenix dans A beautiful day de Lynne Ramsay
Joaquin Phoenix dans A beautiful day de Lynne Ramsay — SND
  • Lynne Ramsay explique comment elle a composé pour Joaquin Phoenix un personnage d’antihéros impressionnant.
  • « A Beautiful day » est un thriller brutal et presque sans dialogue, où le tueur qu'incarne l'acteur s'emploie à retrouver une jeune fille disparue...

Joaquin Phoenix livre une performance intense en tueur à gages adepte du marteau qui part à la recherche de la fille kidnappée d’un politicien dans A beautiful day de Lynne Ramsay. Il faut dire que la réalisatrice britannique lui a concocté un look d’enfer pour ce thriller qui lui a valu un prix d’interprétation à Cannes (en plus d’un prix du scénario ex æquo avec Mise à mort du cerf sacré pour le film).

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« De prime abord, Joaquin dégage un charisme intense et une impression déstabilisante de brutalité, confie la cinéaste à 20 Minutes. On pense qu’il vaut mieux ne pas le mettre en colère, et on découvre qu’il a un fabuleux sens de l’humour… » Ce n’est pas cette qualité qui saute aux yeux dans le film, où il massacre des individus peu recommandables à tour de bras.

Un look d’ours

Méconnaissable sous une barbe hirsute, le comédien s’est totalement laissé guider par la réalisatrice de We need to talk about Kevin. « Je crois qu’il ne comprenait pas la moitié de ce que je disais quand je lui ai parlé au téléphone », s’amuse Lynne Ramsay dont l’accent écossais à couper au couteau semble tout droit sorti de Trainspotting. La communication s’est cependant rapidement établie pour mettre au point le look du personnage. « Nous avons décidé qu’il devait ressembler à un animal sauvage, un ours capable de douceur comme de brutalité. Joaquin se moque de son image. »

Un instinct incroyable

Si le comédien n’est pas vaniteux, il prend néanmoins son travail très au sérieux. Et il fait peur dans la peau de cet antihéros qui tue sans vergogne tout en vivant avec sa vieille mère. « Le tournage a duré vingt-neuf jours de folie, raconte Lynne Ramsay. C’était dur et moite mais cela convenait parfaitement à l’atmosphère que je voulais obtenir. » La réalisatrice n’a pas hésité à laisser une grande liberté à Joaquin Phoenix. « Il avait un instinct incroyable pour capter ce que je voulais. J’avais parfois l’impression que nous jouions le rôle ensemble. »

Si j’avais un marteau

La cinéaste a poussé le mimétisme jusqu’à prendre elle-même en mains le marteau marqué « made in America » pour montrer au comédien comment taper. « C’est une arme de contact qui permet un rapport organique avec sa victime. Je tenais à ce que son maniement donne l’impression d’être violent et imprévisible, à l’image du personnage. » Les scènes où le tueur s’en sert restent longtemps en mémoire.