Le procureur de l'Etat de New-York enquête sur la Weinstein Company

JUSTICE Le procureur de l'Etat de New York a ouvert une enquête pour déterminer si la Weinstein Company, pourrait être poursuivie pour violations de la législation...

C.B. avec AFP

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Harvey Weinstein est accusé d'un quatrième viol, par l'actrice Rose McGowan.
Harvey Weinstein est accusé d'un quatrième viol, par l'actrice Rose McGowan. — Richard Shotwell/AP/SIPA

Même après le départ d’Harvey Weinstein, la Weinstein Company pourrait-elle souffrir de la réputation sulfureuse de son créateur ? Il semblerait, si l’on en croit les informations du New York Times, qui affirme que le procureur de l’Etat de New York a ouvert une enquête pour déterminer si la société pourrait être poursuivie pour discrimination sexuelle ou d’autres violations de la législation.

Les critères de recrutement et de promotion étudiés

Le ministère public aurait ainsi exigé de la société, basée à Manhattan, qu’elle lui transmette les dossiers personnels des employés, les critères de recrutement, de promotion ou de licenciement, ou encore les plaintes formelles ou informelles pour harcèlement sexuel ou d’autres formes de discrimination qu’elle aurait reçues, et la façon dont ces plaintes auraient été gérées. Ces informations n’ont pas encore été confirmées par le bureau du procureur.

La Weinstein Company, que co-dirigeait Harvey Weinstein jusqu’à sa démission du conseil d’administration mardi dernier, est elle aussi au cœur du scandale d’abus sexuels qui a fait tomber de son piédestal le plus célèbre des producteurs d’Hollywood. Certains ont affirmé que les dirigeants de la société connaissaient le comportement du producteur, accusé par une cinquantaine d’actrices de harcèlement, d’agressions sexuelles et de viol. Ils avancent aussi que certains employés étaient même parfois complices du producteur, en organisant pour lui certains rendez-vous avec des femmes, dont il profitait pour les harceler ou les agresser sexuellement.

« Nous ignorions travailler pour un prédateur sexuel »

Une trentaine d’employés de la société a néanmoins publié une lettre, jeudi, où ils se défendent d’avoir été au courant de ces abus sexuels. « Nous savions tous que nous travaillions pour un homme au caractère notoirement explosif, ont-ils souligné. Mais nous ignorions travailler pour un prédateur sexuel. »

Dans la lettre, ils ajoutent : « Nous savions que c’était un homme à femmes avec de multiples aventures extra-conjugales, mais pas un agresseur violent et un violeur. »

Depuis la révélation de ce scandale, l’avenir de la société est incertain. Elle a reçu lundi dernier un apport d’argent frais du fonds d’investissement Colony Capital, et entamé des discussions avec Colony sur un possible rachat. En plus des poursuites que risque Harvey Weinstein à titre personnel au pénal ou au civil, l’enquête du procureur de l’Etat de New York confirme que la société elle aussi a des soucis à se faire.