VIDEO. «Brooklyn Yiddish» plonge à New York au cœur d’un quartier juif méconnu

CHRONIQUE Récompensé à Deauville, « Brooklyn Yiddish » plonge dans la communauté juive ultraorthodoxe de New York…

Caroline Vié

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Menashe Lustig dans Brooklyn Yiddish de Joshua Z. Weinstein
Menashe Lustig dans Brooklyn Yiddish de Joshua Z. Weinstein — Sophie Dulac distribution
  • « Brooklyn Yiddish » raconte l’histoire d’un veuf séparé de son fils.
  • Le réalisateur a eu accès à une communauté très fermée.
  • Ce film proche du documentaire se révèle très touchant.

Cela n’a pas été une mince affaire pour Joshua Z. Weinstein de réaliser Brooklyn Yiddish dans le quartier juif ultraorthodoxe de la Grosse Pomme. Récompensé par le prix du jury au Festival de Deauville, le film raconte comment un veuf est séparé de son fils parce qu’il n’a pas le droit de l’élever seul. Sommé de se remarier pour pouvoir récupérer son bambin, l’homme doit composer avec des règles religieuses très strictes l’obligeant à confier son enfant au frère marié de sa femme décédée.

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En plein cœur de New York

« Je trouvais fascinant de filmer un monde totalement méconnu en plein cœur de New York, explique le réalisateur. C’est comme si, en tournant au coin d’une rue, on était projeté dans un autre univers. » C’est petit à petit que le cinéaste a convaincu ses coreligionnaires de participer au projet. Joshua Weinstein a gagné la confiance de cette communauté juive ultraorthodoxe très fermée grâce au producteur Daniel Finkelman, qui en fait partie. « Pour eux, le cinéma n’est pas un médium noble. Ils n’y vont jamais, mais ils ont vite compris que je traiterai le sujet avec respect. »

D’après une histoire vraie ?

L’acteur principal, Menashe Lustig, est un non-professionnel. « Comme le héros du film, il est veuf et son fils vit chez le principal de son collège. Ce que je raconte n’est pas son histoire mais s’inspire de ses sentiments. » Le spectateur est vite attendri par la souffrance de ce nounours écrasé par des traditions auxquelles il peine à se plier sans pour autant les rejeter. « J’aime ma religion, insiste Joshua Weinstein et je ne porte donc aucun jugement. Je laisse le public se faire sa propre opinion. » Son personnage principal, brillamment incarné, sert de guide à une visite instructive dans une société très codifiée.

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Une grande bienveillance

Le réalisateur tournait à deux caméras pour pouvoir capter les réactions de son héros face à des situations amusantes ou poignantes. Qu’il s’amuse avec un poussin offert à son fils, tienne tête à un beau-frère rigoriste ou accomplisse les rituels destinés à honorer son épouse décédée, Menashe Lustig émeut. « Mon expérience de documentariste m’a été précieuse, confie le cinéaste, car le plus important dans mon travail était de me faire oublier ». Brooklyn Yiddish apporte un regard neuf sur un sujet méconnu. Mais cette chronique bienveillante fonctionne parce qu’elle touche à l’humain dans ce qu’il a de plus tendre : l’amour d’un père et d’un enfant.