Senlis: L'affiche du film «Nos années folles» censurée par des parents d'élèves d'une école catholique

CINEMA L’affiche aurait « heurté la sensibilité » des enfants d’une école primaire catholique de cette ville de l’Oise…

C.W.

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L'affiche du film «Nos années folles» d'André Téchiné
L'affiche du film «Nos années folles» d'André Téchiné — Copyright ARP Sélection

Couvrez ce couple qu’ils ne sauraient voir. A Senlis, dans l’Oise, le petit cinéma associatif Le Jeanne d’Arc, a récemment eu affaire aux censeurs, en l’occurrence des parents d’élèves d’une école primaire catholique. La raison ? Une affiche du film Nos années folles d’André Téchiné, sorti le 13 septembre, sur laquelle un homme maquillé et une femme, nus, s’enlacent. Une image qui aurait « heurté la sensibilité » des élèves de l’école primaire catholique Notre-Dame du Sacré-Cœur.

Aucune valeur légale

« Jeudi matin, j’ai reçu un premier appel de la présidente d’une association catholique en charge de la gestion de l’école me demandant de déplacer l’affiche, car elle pouvait heurter la sensibilité des enfants. J’ai refusé ce que je considérais comme une censure, car ni le film ni l’affiche n’ont été interdits et n'ont même pas fait polémique », a expliqué Marilke Fleury, responsable d’exploitation de la salle, tel que le rapportele site du Figaro. Face au refus du cinéma, les parents d’élèves contactent la mairie pour signifier leur mécontentement. Mais, comme il s'agit d’un cinéma associatif et non municipal, celle-ci explique n’avoir aucun mot à dire.

Jeudi soir, l’Ogeps, l’organisme de gestion des écoles paroissiales de Senlis, s’empare de l’affaire, en contactant le conseil d’administration de la salle. « Je me permets ce mail pour vous informer qu’un groupe de parents de l’école est heurté par la présence de l’affiche du film Les années folles (sic) sur le panneau accroché au mur de l’école au niveau du rond-point », écrit Alain Beauvais, le président de l’Ogeps, rapporte L’Express. Dominique David, le président du conseil d’administration, demande alors à la salle de retirer l’affiche. Marilke Fleury refuse, expliquant que cette requête n’a aucune valeur légale.

Mais, le lendemain, un autre membre du conseil intervient et se rend directement au cinéma pour retirer l’affiche. Face à ce qu’elle considère être de la censure, la responsable d’exploitation de la salle décide de dénoncer les censeurs et placarde « affiche censurée par Ecole Notre-Dame ».

« Je suis censée faire la promotion des films que je diffuse, et là, c’est problématique ! Je refuse de me plier aux ordres d’un groupuscule, qui met en danger la libre expression et l’art », a expliqué Marilke Fleury à France 3 Hauts-de-France.

En salles depuis le 13 septembre, Nos années folles raconte l’histoire vraie de Paul, un soldat durant la Première Guerre mondiale qui décide de se mutiler et de déserter après deux ans de front. Son épouse le recueille et, afin de le protéger, elle décide de le travestir en femme. Paul devient alors « Suzanne », dans le Paris des Années folles.