VIDEO. Guillaume Canet: «Le tournage de "Mon Garçon" ressemblait à un jeu de rôle»

INTERVIEW Le réalisateur Christian Carion avait soigneusement caché au comédien l’intrigue de son thriller…

Caroline Vié
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Guillaume Canet dans « Mon garçon » de Christian Carion
Guillaume Canet dans « Mon garçon » de Christian Carion — Diaphana distribution
  • « Mon garçon » a été tourné en six jours en décors naturels.
  • Guillaume Canet a découvert l’histoire au fur et à mesure du tournage.
  • Cette expérience intense lui a beaucoup plu.

Un père dont la vie tourne au cauchemar quand son fils de 8 ans disparaît, c’est Guillaume Canet dans Mon Garçon de Christian Carion. Si rien ne le préparait à cette épreuve, il s’improvise enquêteur et se lance sur les traces du bambin, après avoir été prévenu par son ex-femme incarnée par Mélanie Laurent.

L’acteur a accordé une confiance aveugle au réalisateur qui l’avait déjà dirigé dans Joyeux Noël (2005) et L’Affaire Farewell (2009). Ce dernier a tourné le film en six jours sans donner de scénario au comédien. Canet savait juste qu’il s’agissait d’une affaire d’enlèvement, sans autre indication. Il s’est confié à 20 Minutes sur cette expérience unique.

Que saviez-vous exactement avant de commencer le tournage ?

Je savais que le film serait un thriller et que mon personnage allait chercher son fils disparu. J’avais insisté auprès de Christian Carion pour que la fin ne soit pas glauque. C’est tout. J’ai été le premier spectateur du film dont je découvrais les péripéties au fur et à mesure du tournage.

Comment cela se passait-il techniquement ?

J’avais un téléphone portable spécial qui me donnait des instructions. Parfois, Christian me parait dans l’oreille pour me guider mais pratiquement toutes les scènes ont été tournées en une seule prise. Je ne me suis que très rarement interrompu. Tout a été fait en décor naturel, sans maquillage. Les cameramen me suivaient ou m’attendaient dans la voiture ou sur les lieux où je me rendais.

Comment Christian Carion pouvait-il anticiper vos réactions face aux péripéties ?

Il me connaît bien mais je l’ai parfois surpris et contraint à changer son histoire pour coller à ce que je faisais. Ce tournage ressemblait un peu à un jeu de rôle où tous les autres comédiens devaient s’adapter à moi. Je me souviens d’une scène où je passe quelqu’un à tabac. Christian a fini par craindre que ça tourne mal…

Etait-ce angoissant ou au contraire amusant ?

C’était très intense et déstabilisant de se mettre totalement entre les mains d’un autre après avoir passé des mois à tout contrôler sur mon film Rock’n’roll. Cela avait un côté ludique et je dois admettre que, lorsque j’ai enfin découvert le film, j’ai retrouvé des sensations similaires à celles vécues sur le tournage d’un de mes films et dont je suis sorti vidé.

Qu’avez-vous appris sur vous-même grâce à cette expérience ?

Que je ne suis pas du genre à attendre sur un fauteuil que les choses se règlent toutes seules. Je ne pourrais pas rester inactif dans ce type de circonstances. En cela, le personnage est assez proche de moi. Je me suis dit aussi que j’aimerais renouveler l’expérience mais, cette fois, derrière la caméra avec un autre acteur que moi.