#20MINUIT. Pendant la nuit, le cinéma reste ouvert

NUIT La Nuit Nanarland, les Nuits au Max, les Nuits du Champo... Les nuits cinéma se multiplient à Paris et en France, une expérience autant cinéphile que sociale et physique...

V. J.

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Image extraite du film «Gremlins» de Joe Dante.
Image extraite du film «Gremlins» de Joe Dante. — REX FEATURES/SIPA

20 Minutes est partenaire de la Conférence nationale de la vie nocturne qui se tient à Paris, jeudi et vendredi. A cette occasion, nous avons décidé de nous intéresser aux activités, pratiques, modes de consommation liés à la nuit.

Premier conseil : ne faites pas de nuit blanche ce week-end, car le samedi 23 septembre se tient la deuxième Nuit Nanarland au Grand Rex à Paris. De samedi 20h à dimanche à l’aube, vous pourrez découvrir quatre nanars pur jus (Dangerous Men, Mega Force, Tarkan contre les vampires, Black Roses), ainsi que des bandes-annonces, des extraits et autres surprises.

Un cocktail préparé par l’équipe de Nanarland.com et présenté par Jean-François Rauger, directeur de la programmation de la Cinémathèque française. Ils étaient déjà à l’œuvre sur La Nuit Excentrique, qui, sur le même modèle, a égayé la salle Henri Langlois pendant dix ans. « Lors du déménagement de la Cinémathèque de Chaillot à Bercy, Jean-François Rauger nous a proposé une fête d’adieux, une nuit spéciale, sur le modèle de soirées qu’il avait organisés dans le passé, se rappelle Régis Brochier, fondateur du site et de la nuit Nanarland. Il m’a parlé de soirée orgies, mais j’avoue, j’ai pas osé lui demander des détails, ah ah. »

>> A lire aussi : Il y a un art du nanar (et même une nuit entière au Grand Rex)

« Le spectateur s’enfonce dans un état second, il se passe un truc »

La Nuit Excentrique est vite devenue une institution, et La Nuit Nanarland est bien partie pour, avec un taux de remplissage de plus de 80 % au dimanche matin. « Les premières éditions, la salle pouvait se vider de moitié, mais très vite, les gens sont restés jusqu’au bout du bout. » Il faut dire que le spectacle est autant sur l’écran que dans la salle. « Il y a le plaisir de découvrir des films rares et fun, explique Régis Brochier, mais surtout l’expérience de les voir ensemble, en communion. Le spectateur n’est pas programmé pour s’enfiler une nuit de films, il s’enfonce dans un état second, il se passe un truc. » Nanarland a même pensé un temps mettre ces nuits en ligne, avant de se rendre compte que leur caractère unique participait à l’expérience, à la légende. On peut dire : « Moi ; j’y étais ».

Pas que des « mauvais films sympathiques »

Depuis quelques années, ces nuits à la fois cinéphiles et physiques se sont multipliés, en premier lieu dans les festivals de genre dont la programmation s’y prête a priori le plus : une nuit zombies à L’Etrange Festival, une nuit vampires du PIFFF, une nuit fantastique à L’Absurde séance… Mais attention, il ne s’agit pas seulement voir et se marrer devant des « mauvais films sympathiques », pour reprendre la formule de Nanarland. Les Nuits au Max proposent par exemple des marathons autour d’un réalisateur ou d’un genre culte, à l’instar de leur prochaine nuit James Cameron le 30 septembre prochain, tandis que le Cinepal' de Palaiseau invite régulièrement ses spectateurs « à la tombée de la nuit » pour des programmations spéciales : « Retour dans les 80’s », « In Space »…

Le public de nuit n’est pas le même

Depuis 15 ans, le cinéma parisien Le Champo organise des nuits thématiques, souvent associées à un cinéaste et une actualité, qu’il s’agisse de Tim Burton, David Lynch, dont les univers se prêtent bien à une projection nocturne, ou Pedro Almodovar, Leos Carax et bientôt Wong Kar Wai le 21 octobre. « L’idée est de créer de nouveaux événements pour attirer la clientèle, l’élargir et la rajeunir, avoue le directeur adjoint Thierry Renavand, pragmatique. D’ailleurs, le public n’est pas le même de jour et de nuit. Il est plus varié le soir, des jeunes, des moins jeunes, des couples, des groupes d’amis. Ils viennent pour les films, mais aussi et surtout pour le vécu. » A quelques exceptions près (« la nuit western a moins marché »), le succès est au rendez-vous. Régis Brochier de Nanarland voit dans ces expériences nocturnes une réponse à la mode du binge watching. A la maison avec trois potes, c’est bien. Au cinéma avec une salle pleine, c’est mieux.