Antonio Banderas: «Je n'ai pas encore tourné le film pour lequel on se souviendra de moi»

DEAUVILLE L'acteur espagnol a profité de son hommage au festival de Deauville pour revenir sur sa carrière et ses projets...

De notre envoyée spéciale à Deauville, Caroline Vié

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Toby Sebastian et Antonio Banderas dans The music of silence de Michael Radford
Toby Sebastian et Antonio Banderas dans The music of silence de Michael Radford — Ab International
  • Antonio Banderas a présenté à Deauville un biopic sur le chanteur Andrea Bocelli.
  • Il s’est remis de sa crise cardiaque et envisage l’avenir sereinement.
  • Il envisage de passer de nouveau derrière la caméra.

Antonio Banderas est arrivé en retard mais détendu au Festival de Deauville pour présenterThe music of Silence, biopic du chanteur Andrea Bocelli, réalisé par Michael Radford, où il incarne le mentor de la star. Il en a profité pour recevoir un hommage et inaugurer une cabine à son nom sur les Planches.

« Le festival doit penser que je suis un peu américain, confie-il à 20 Minutes. Pourtant, je ne me suis jamais fait naturaliser et je n’ai même jamais demandé de Carte verte : je tenais à garder ma nationalité espagnole et j’utilisais des visas temporaires. Je suis heureux que ma fille soit née dans mon pays bien qu’elle vive à Los Angeles ».

Une dette envers l’Amérique

L’acteur, découvert par Pedro Almodóvar, avoue devoir toutefois beaucoup à l’Amérique. « J’ai beau être divorcé de Melanie Griffith et habiter maintenant à Londres, je sais que ma famille a une partie de ses racines aux Etats-Unis. Ma carrière a aussi connu un essor considérable grâce à ce pays », explique-t-il.

Des Zorro aux Spy Kids en passant par Desperado, la voix du chat Potté dans la saga Shrek et le pirate de Bob, l’éponge le film, Antonio Banderas a jonglé avec de nombreux genres. « Je n’aurais sans doute jamais pu envisager cela si j’étais resté en Europe », admet-il.

Apprendre à dire « non »

Son attaque cardiaque début 2017 semble avoir assagi l’acteur. « Ce n’était pas vraiment grave, mais cette alerte m’a été bénéfique car elle m’a appris à relativiser et à faire le tri dans ce qui était important ou pas », précise-t-il. Après avoir été un boulimique de travail, il n’est maintenant plus prêt à accepter n’importe quel rôle. « Le cinéma est comme un sport : quand vous aimez le pratiquer, vous avez envie de le faire tout le temps, explique-t-il. J’ai maintenant compris que le mot "non" est le plus important pour un artiste. »

Malgré sa carrière fournie, le comédien de 57 printemps n’est pas passéiste. « J’estime que je n’ai pas encore tourné le film pour lequel on se souviendra de moi », affirme-t-il. Réalisateur de La tête dans le carton à chapeaux (1999), il aimerait passer de nouveau derrière la caméra mais laisse le temps au temps pour écrire un nouveau projet. « Je ne suis plus aussi pressé qu’autrefois quand j’enchaînais les tournages de façon maladive parce que j’avais peur qu’on ne fasse plus appel à moi si je refusais », avoue-t-il. Les fans d’Antonio Banderas sauront certainement patienter jusqu’à ce qu’il soit prêt à revenir en haut de l’affiche.