VIDEO. Pourquoi «Petit paysan» est tout sauf chiant !

DRAME Ce premier film, découvert à la Semaine de la Critique, emprunte au cinéma de genre pour passionner le public…

Caroline Vié

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Swann Arlaud dans Petit paysan d'Hubert Charuel
Swann Arlaud dans Petit paysan d'Hubert Charuel — Pyramides distribution
  • Petit paysan fait partager les angoisses d'un fermier pendant la crise de la vache folle.
  • Pour ce premier film, le réalisateur signe un suspense prenant.
  • Il a puisé dans ses souvenirs d'enfance pour écrire son histoire.

Hubert Charuel sait de quoi il parle ! Petit paysan, son premier long-métrage présenté à la Semaine de la Critique et récompensé au Festival d'Angoulême, a été tourné dans la ferme de ses parents. On y suit la descente aux enfers d’un jeune homme (excellent Swann Arlaud) découvert dans Les Anarchistes d’Elie Wajeman) tentant de sauver ses bêtes pendant la crise de la vache folle.

« Ce film était une façon de gérer la culpabilité que je ressens de ne pas avoir repris l’entreprise familiale pour me consacrer au cinéma », explique le réalisateur à 20 Minutes. Son drame prend une allure de thriller dont les victimes sont des bovidés. Ce suspense haletant s’est d’abord appelé Bloody Milk avant de changer de titre pour que les spectateurs ne s’attendent pas à voir un film d’horreur !

L’angoisse du fermier

« J’estime que le monde paysan mérite une fiction à part entière », déclare Hubert Charuel qui prépare aussi un documentaire sur la fin de l’exploitation laitière de sa famille. Petit paysan s’éloigne résolument du naturalisme pour brosser le portrait d’un garçon tentant de s’adapter dans un monde en voie de disparition. Ses angoisses se communiquent au spectateur tout au long d’un récit virtuose et anxiogène.

Les animaux au centre du suspense

La relation du héros avec ses animaux fait monter la pression autour de ce jeune homme solitaire vivant dans la terreur de tout perdre. « Les fermiers travaillent avec du vivant ce qui rend leur métier paradoxal puisqu’ils doivent accepter de faire abattre leurs bêtes », explique Hubert Charuel. Si sa chronique revient sur ce qu’il a vécu durant son enfance rurale, il aimerait maintenant traiter d’autres sujets ce que son talent devrait rendre rapidement possible. On attend la suite avec impatience.