La bête qui fait buzz

Caroline Vié
— 

On comprend d'abord qu'il s'agit d'une soirée entre amis filmée en vidéo. Et puis apparaissent des images de panique dans les rues de New York avec la tête de la statue de la Liberté atterrissant au pied des passants... Sur le Web, la première bande-annonce de Cloverfield, de Matt Reeves, avait alléché les internautes en ne révélant rien de la menace qui plane sur la ville. Les rumeurs sont allées bon train. Chacun avait son idée de ce qui pouvait avoir croqué la Grosse Pomme à grosses bouchées ! C'est finalement une créature évoquant à la fois Godzilla et Alien qui hante Cloverfield, réjouissante série B horrifique et succès monstre au box-office américain. 

L'originalité du film vient du fait qu'il est censé être tourné au camescope par un fêtard surpris en pleine beuverie avec ses potes. Des héros ordinaires, rendus attachants par vingt minutes d'introduction en forme de sitcom et qui tentent de survivre à des évènements qui les dépassent. L'image granuleuse et les mouvements de caméra chaotiques renforcent l'identification du spectateur immergé dans l'action à leurs côtés. Le producteur du film, J. J. Abrams, créateur des séries « Lost » et « Alias » et réalisateur de Mission : Impossible 3, a eu la bonne idée de marier les techniques du cinéma à celle de la télévision. Cloverfield séduit par son côté grand spectacle à dimension humaine, à mi-chemin entre Jurassic Park et Le Projet Blair Witch.