VIDEO. Andy Serkis: «Quand je vois César dans "La planète des singes", je me reconnais bien»

AVENTURES Andy Serkis retrouve le rôle de César, le leader simiesque de « La Planète des singes », dans une nouvelle performance en motion capture…

Caroline Vié
Andy Serkis dans La planète des singes - Suprématie de Matt Reeves
Andy Serkis dans La planète des singes - Suprématie de Matt Reeves — 20 th century Fox
  • Le singe César fait face à de rudes épreuves dans ce troisième volet.
  • Andy Serkis va toujours plus loin dans sa prestation en motion capture.
  • Il va réaliser une nouvelle version du « Livre de la jungle ».

Avec La planète des singes - Suprématie de Matt Reeves, c’est la troisième fois que Andy Serkis se glisse sous la fourrure de César, héros simiesque en guerre contre ses congénères après avoir pactisé avec les humains. L’acteur anglais de 53 ans est spécialiste de la capture de mouvements (mocap) à laquelle il s’est essayé pour la première fois en 2002 afin d’interpréter Gollum dansLe seigneur des anneaux : les deux tours de Peter Jackson.


En quinze ans, l’acteur est devenu un incontournable de cette technique qui s’est perfectionnée au fil des années. Ce nouveau film lui permet d’exprimer des sentiments profonds, ceux que ressent son personnage quand il subit un deuil familial avant d’être réduit en esclavage par un groupe de singes brutaux. Pour 20 Minutes, il est revenu sur sa composition particulièrement émouvante.

Dans quel état d’esprit est César lorsque nous le retrouvons ?

Il est fatigué, vieillissant. Il rêve de paix après de longues années de combat. C’était un rôle particulièrement exigeant psychologiquement parlant. Plus encore que les deux premiers films, j’ai dû aller chercher au plus profond de moi-même et de mes propres douleurs pour retrouver ses émotions, notamment lorsqu’il subit un deuil insoutenable.

Auriez-vous pu jouer cela dès le premier film en 2011 ?

Cela m’aurait été difficile pour deux raisons. D’abord, il me fallait connaître à fond le personnage que j’incarne maintenant à un âge mûr, alors qu’il était tout jeune quand je l’ai joué pour la première fois. Ensuite, la technique du mocap a progressé. On peut retrouver les expressions du visage de l’acteur de façon plus précise.


Qu’est-ce qui a tant changé ?

Quand j’ai joué Gollum, il y a seulement quinze ans, mes partenaires devaient imaginer le monstre en face d’eux. Maintenant, j’incarne César en leur donnant la réplique et je me vois sur un moniteur qui reproduit mes mouvements. Puis les techniciens des effets spéciaux et le réalisateur peuvent retravailler ma performance en comparant la version vivante à celle en images de synthèse ! Je sais que chaque détail de mon jeu sera restitué. Quand je vois César à l’écran dans La planète des singes, je me reconnais bien.

En quoi cela améliore-t-il le rendu final ?

Il leur arrive de se livrer jusqu’à 150 modifications sur ma performance animée pour retrouver les émotions dans mon regard. Quand je pleure ou que mes yeux bouillonnent de rage, ils peuvent reproduire ces sentiments. Cela rend l’ensemble plus émouvant pour le spectateur, car cela facilite son identification avec un personnage dont il perçoit l’humanité. La scène d’attaque au début du film montre la perfection technique à laquelle nous sommes parvenus.

Pensez-vous que la technique va encore évoluer ?

J’estime que c’est surtout la façon de voir des spectacles qui va changer. Ma société de production vient de mettre au point le premier acteur en « mocap » pour la scène. Ariel, dans La Tempête de William Shakespeare, sera à la fois incarné par un comédien en chair et en os et un personnage en « mocap » capable de changer d’apparence à vue.

Quelles seraient les limites ?

Je suis en train de réaliser une version très sombre du Livre de la jungle. J’y incarne l’ours Baloo, Cate Blanchett est le serpent Kaa, Christian Bale, la panthère Bagheera et Benedict Cumberbatch, le méchant tigre Shere Kaan ! Nous interprétons des animaux divers de façon crédible car on peut reconnaître nos expressions faciales. Cela veut dire que tout est maintenant possible. On peut tout jouer. L’imagination est la seule limite.