VIDEO. Luc Besson: «Après "Valérian", je me sens comme un marin qui voit soudain la terre»

INTERVIEW Le réalisateur de « Lucy » s’est confié à « 20 Minutes » sur la réalisation de cette production pharaonique…

Caroline Vié
— 
Luc Besson dirige Dan DeHaan dans Valérian
Luc Besson dirige Dan DeHaan dans Valérian — EuropaCorp
  • Luc Besson signe une superproduction de science-fiction adaptée de la BD de Jean-Claude Mézières et Pierre Christin.
  • Il a réalisé ce projet pharaonique en France.
  • Le réalisateur est reconnaissant à James Cameron.

Avec Valérian et la cité des mille planètes, Luc Besson a concrétisé un rêve : réaliser une adaptation réussie de la bande dessinée de Jean-Claude Mézières et Pierre Christin.

>> A lire aussi : VIDEO. Luc Besson a pris des risques pour «Valérian et la Cité des milles planètes»

Les aventures de l’agent secret spatio-temporel Valérian (Dan DeHaan) et de sa partenaire, aussi sexy que résolue ( Cara Delevingne), ont coûté une fortune mais chaque euro est visible à l’écran. Pour 20 Minutes, le réalisateur est revenu sur la création de ce film très attendu.

Pourquoi avoir mis vingt ans à réaliser « Valérian » ?

Quand Jean-Claude Mézières m’a donné l’idée de porter la BD à l’écran, ce n’était pas encore faisable. C’est James Cameron qui a tout changé en créant pour Avatar des outils permettant de faire vivre des créatures fantastiques comme celles qu’on voit dans mon film. Je lui suis reconnaissant au nom de tous les réalisateurs d’avoir ainsi ouvert une porte énorme dans la technique comme dans les mentalités des spectateurs.

« Valérian » a été difficile à monter financièrement ?

Sur tous les projets, il y a un moment de vérité : celui où vous allez à Cannes avec votre scénario, vos dessins et votre casting. Une fois que 120 distributeurs de différents pays ont préacheté votre film, il ne reste plus qu’à le faire.

Vous l’avez tourné en France, c’était important pour vous ?

On a pu rester le faire en France grâce aux crédits d’impôts dont nous avons bénéficié. J’y tenais, car c’est en France que j’ai réalisé mes premiers courts-métrages et que se trouvent des collaborateurs avec lesquels je bosse depuis des années. On a envie de faire participer tout le monde à un projet comme celui-là. Partir le faire à l’étranger m’aurait fait mal au cœur.

Comment gère-t-on un projet de cette ampleur ?

Le secret est de le prendre par petits bouts, au jour le jour. De savoir précisément ce qu’on doit faire, le faire du mieux possible si bien qu’à la fin, le résultat n’est pas trop mal. Si on enlève les œillères, on est pris de vertiges…

Vous êtes-vous demandé si vous alliez y arriver ?

Avant de tourner, oui, mais une fois que le projet a été lancé, je n’avais plus de craintes. Je savais que l’imagination était ma seule limite. Je ne m’inquiétais pas trop pour l’argent car je ne suis pas un metteur en scène flambeur. J’ai appris mon métier en faisant des films fauchés. Je ne pense pas qu’un studio américain pourrait faire Valérian pour 180 millions de dollars. Cela coûterait facilement 60 millions de plus chez eux.

Comment voyez-vous l’évolution de votre carrière depuis « Le Dernier combat » en 1983 ?

Je regarde peu dans le rétroviseur car j’ai tant de projets que je n’ai guère le temps de réfléchir au passé. J’ai l’impression que c’est plus facile maintenant parce que j’ai les moyens de réaliser ce que je veux mais comme j’ai sérieusement augmenté mes challenges, ça s’équilibre.

Êtes-vous angoissé par la sortie du film ?

Je suis surtout soulagé d’en avoir fini ! On a réussi à le faire. Après Valérian, je me sens comme un marin qui voit soudain le terre au terme d’un tour du monde en voilier.