VIDÉO. Non, Claude Rich, ce n'était pas que Panoramix dans «Astérix»

CULTE Le comédien et acteur, décédé ce vendredi était connu par la jeune génération pour son rôle dans « Astérix », mais il était bien plus que cela…

Anne Demoulin

— 

Claude Rich et Jamel Debbouze dans «Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre»
Claude Rich et Jamel Debbouze dans «Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre» — Capture d'écran/YouTube

Pour les jeunes, Claude Rich, décédé ce vendredi à l’âge de 88 ans, c’était Panoramix dans Astérix : mission Cléopâtre. Le comédien et acteur, habitué des seconds rôles au cinéma et des premiers rôles au théâtre, avait une filmographie longue comme le bras. Démonstration avec cinq de ses rôles les plus emblématiques.

Le BG cool des « Tontons Flingueurs »

Claude Rich a fait ses débuts sur les planches et obtient son premier rôle au cinéma dans Les Grandes Manœuvres de René Clair en 1955. Il devient célèbre en 1963 grâce à son inénarrable prestation dans le film culte de George Lautner, Les Tontons flingueurs.

Il est âgé de 34 ans quand il endosse le costume d’Antoine Delafoy, le fiancé de Patricia (Sabine Sinjen), la protégée de Fernand Naudin (Lino Ventura), un garçon de bonne famille branché, qui les « brise menu » à Fernand. Il se permet même de balancer à Ventura (son personnage ignore que Fernand est un parrain de la pègre) : « Monsieur Naudin, vous faites sans doute autorité en matière de bulldozer, de tracteur et caterpillar, mais vos opinions sur la musique moderne et sur l’art en général, je vous conseille de ne les utiliser qu’en suppositoire. Voilà ! Et encore, pour enfants… »

L’attendrissant Marty McFly de « Je t’aime, je t’aime »

Claude Riche est aussi Claude Ridder du film de science-fiction français d’Alain Resnais, Je t’aime, je t’aime, écrit par Jacques Sternberg. Ce Ridder, un modeste et attendrissant employé qui vient de rater sa tentative de suicide, accepte de devenir le cobaye d’une machine à voyager dans le temps, mais la machine se dérègle. «  Mon plus beau souvenir de ce métier, c’est ce rôle. Je suis encore possédé par le personnage de Claude Ridder. (…) Je me trouvais très fade à côté de ce personnage. Je n’avais aucune confiance en moi, je ne savais pas qui j’étais vraiment », racontait l’acteur à Libération en 2003.

Sélectionné à Cannes, le long-métrage n’y sera pas projeté à cause de l’annulation du Festival à la suite de Mai-1968, il ne trouva pas son public en salles. Ses étranges décors futuristes, ses divagations sur les rapports de l’homme et du chat (« L’homme inventa des millions d’objets inutiles, généralement absurdes, tout cela pour produire parallèlement les quelques objets indispensables au bien-être du chat : le radiateur, le coussin, le plat à sciure, le pêcheur breton ») furent ensuite réévalués. Certains considèrent aujourd’hui qu’il s’agit du meilleur film de Resnais et de Claude Rich.

Le Frank Underwood du « Souper »

En 1989, sur les planches du Théâtre Montparnasse, Claude Rich endosse le costume de Tayllerand, à ses côtés, Claude Brasseur, dans le rôle de Fouché, dans la pièce Le Souper de Jean-Claude Brisville. C’est un triomphe. En 1992, Edouard Molinaro porte la pièce sur grand écran. Claude Rich reçoit le césar du meilleur acteur.

La scène du Souper se déroule à Paris le 6 juillet 1815 à minuit, Napoléon est vaincu à Waterloo, Talleyrand, le ministre des Affaires étrangères, a convié à dîner dans son hôtel Fouché, le ministre de la Police, pour choisir un nouveau souverain pour la France. Entre deux plats, les deux hommes évoquent à demi-mots leurs crimes, leurs trahisons, leurs intrigues.

« Je me rendis chez Sa Majesté : introduit dans une des chambres qui précédaient celle du roi, je ne trouvai personne ; je m’assis dans un coin et j’attendis. Tout à coup une porte s’ouvre : entre silencieusement le vice appuyé sur le bras du crime, M. de Talleyrand marchant soutenu par M. Fouché », écrivait Chateaubriand dans ses Mémoires d’outre-tombe. Tayllerand n’avait rien à envier à Frank Underwood.

Le papa de Charlotte Gainsbourg dans « La Bûche »

En 2000, Claude Rich illumine de son élégante nonchalance le film choral La Bûche, le premier long-métrage réalisé par Danièle Thompson. Dans cette comédie douce-amère, il interprète le touchant Stanislas, violoniste tzigane à la retraite, et papa de Louba, la chanteuse (Sabine Azéma), Sonia, la bourgeoise (Emmanuelle Béart) et Milla, la rebelle (Charlotte Gainsbourg). A l’approche de Noël, Stanislas semble avoir un lourd secret à dévoiler à ses filles.

Le vieux salopard de « Aide-toi, le ciel t’aidera »

Dans la comédie de François Dupeyron, Aide-toi, le ciel t’aidera, Sonia, jolie, mariée, quatre enfants, est aide-familiale dans sa cité. Son mari, joueur, querelleur et emmerdeur, meurt le jour des noces de sa fille. Qu’importe ! Sonia traîne alors le cadavre chez son voisin Robert, un octogénaire dont elle s’occupe pour survivre, campé par Claude Rich.

Robert lui conseille de planquer le cadavre à la cave, et s’avère travaillé par le démon de midi… Pour ce rôle d’affreux, sale et méchant, l’acteur remportera en 2009 le césar du meilleur acteur dans un second rôle.